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ENSEMBLE 05 - Page 4

  • [Briançon] Territoires et savoirs partagés

    A cause de l’arrivée importante de personnes migrantes en 2015, le briançonnais a vu se développer nombre d’associations, de lieux, de refuges pour essayer d’organiser un accueil digne. Les acteurs de la solidarité, les procès retentissants, les maraudes à la frontière, la venue des « identitaires », firent entrer ce territoire de tourisme et de vacances, dans une militarisation accrue des contrôles à la frontière. Une lutte bruyante ou silencieuse se déroule, sans fin, entre la Paf qui veut refouler, et les solidaires qui surtout ne veulent pas de morts en montagne comme malheureusement cela s’est déjà produit. L’État français a ainsi déclaré être en lutte contre une grande partie du monde, les migrant.es, venant d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient, d’Amérique du Sud et contre sa propre population, les accueillant.es qui appliquent les textes internationaux, à commencer par la déclaration des Droits de l’homme de 1948 en son article 13. Au fond, l’État se fait la guerre à lui-même, signe manifeste qu’il ne peut pas la gagner ! Car les migrant.es continuent à passer la frontière, sans fin, comme ils l’ont toujours fait.

    Les médias ne sont pas en reste, journaux nationaux, télévisions françaises et internationale, le briançonnais est devenu un territoire décrit, visionné, épié, commenté. Les autochtones ont été promu.es au rang de stars évanescentes des journaux télévisés. Et les migrant.es continuent à passer la frontière, loin des projecteurs,…

    Aussi devant un phénomène d’une telle ampleur qui touche non seulement le briançonnais mais les Alpes-Maritimes et la frontière espagnole, Calais et la Savoie. Des laboratoires de recherche ont décidé de venir voir, enquêter, comprendre, aider avec des programmes de recherche-action, tout cela pendant que les migrant.es continuent à passer la frontière…

    Au fil du temps, les acteurs et actrices de terrain, fin.es stratèges, pensèrent que pour leurs plaidoyers  de défense et d’illustration de la fraternité, les universitaires étaient des allié.es. Prendre du recul, penser son action au travers de leurs regards informés, documenter les violences de la police, la militarisation de la montagne, cela évoque un passage du discours de Périclès aux athéniens: « nous ne sommes pas de ceux qui pensent que les paroles nuisent à l’action. Nous estimons plutôt qu’il est dangereux de passer aux actes, avant que la discussion nous ait éclairé sur ce qu’il y a à faire. » Cette leçon les briançonnais.es la font leur, ils se découvrent « athénien.nes », et là est la raison profonde, vitale de ces rencontres entre chercheurs, chercheuses et les accueillant.es. Les doutes qu’expriment régulièrement les un.es et les autres, sur la nécessité et les bienfaits des actions ou des recherches, cette rencontre, où l’on se voit dans le regard d’autrui et des migrant.es participant.es, les balaie. Ces rencontres sont cathartiques et cela est bien car pendant ce temps les migrant.es continuent à passer la frontière,…

    Trois jours d’échange, de mise en perspective, de présentation des actions et des territoires qui s’étendent jusqu’à Gap où de nombreux MNA (Mineurs Non Accompagnés) sont présents, furent trop courts pour tout se dire, pour se comprendre, s’entendre et envisager l’avenir. Trois jours de vidéo, de discussions, de débats, tout cela est insuffisant, il est convenu de reconduire cette expérience. En écoutant les un.es les autres, je pensais, « supposons qu’une personne extérieure, ne sachant pas qui est acteur ou chercheurs, soit ici, pourrait-elle deviner en entendant les différentes interventions dans quel groupe se situe l’intervenant.e ? » Au fil de ces 6 années d’échanges et de travail, la compréhension des positions de chacun.e, est telle qu’il s’est créé des êtres doubles, acteur/chercheur, chercheur/acteur, migrant/chercheur, migrant/acteur. On comprend alors profondément pourquoi ces rencontres sont si importantes. Et cela parce que les migrant.es continuent à passer la frontières,..

    « Territoires et savoirs partagés », certes mais aussi comme l’a dit une participante « passeurs de savoirs et de territoires » car les migrant.es…

    Jean-Paul Leroux

        20 mai 2021

  • Pour que vive la Sécurité Sociale !

     
    Convergence des Services Publics
     
     
     
    avec
    Michel Etiévent, historien,
    Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils d’Ambroise Croizat,
     
    et des représentant·e·s de la
     
    CGT, Solidaires, la FSU,
    Alternative mutualiste,
    la Convergence des services publics,
    la Coordination des hôpitaux et maternités de proximité,
    la Coordination nationale des lieux de culture occupés.
     
    animée par Stéphane Guérard, l’Humanité
     
     
    Pour que vive la Sécurité Sociale !
    Plus que jamais !
     
    Réunis, à Saint-Étienne, à l’occasion du 75ème anniversaire de l’ordonnance du 4 octobre 1945 créant la Sécurité Sociale, nous lancions un appel (*) pour défendre et reconquérir la Sécurité Sociale, notre bien commun. Nous décidions aussi d’ouvrir le chantier de son développement pour un nouveau progrès de société. Malgré les conditions difficiles imposées par la crise sanitaire de nombreuses réunions d’échanges et d'éducation populaire se sont tenues par nos propres organisations ou en commun dans le cadre de la Convergence nationale des services publics. Des initiatives symboliques comme nommer des rues « Ambroise Croizat », ou pétitionner pour son entrée au Panthéon ont été initiées.
     
    Ces dernières semaines, alors que la campagne de vaccination reste toujours à la traîne, de nombreuses initiatives ont eut lieu pour faire du vaccin un bien public mondial,pour créer un pôle public du médicament et prendre la main sur le brevet et sa production : initiative citoyenne européenne « Pas de profit sur la pandémie », pétition « Stop Brevet Réquisition », …
     
    Il y a urgence aujourd’hui à se mobiliser pour sauver notre sécurité sociale mise en péril par les réformes libérales successives. La menace de laisser à la charge de la Sécurité Sociale les milliards de dettes contractées durant cette crise sanitaire n’est pas acceptable.
     
    Nous devons créer les conditions d’un débat public et de mobilisation de nos concitoyens pour revendiquer une véritable sécurité sociale du 21ème siècle pour toutes et tous.
     
    Nous avons toutes et tous droit à la sécurité pour notre santé, notre logement, notre famille, nos retraites. La Sécurité Sociale a, avant tout, été pensée comme une protection socialisée, une « assurance » collective contre les aléas de la vie. Elle n’est ni un simple filet de sécurité pour les plus modestes ni un saucissonnage de différents risques individuels sur le modèle des assurances privées.
    Nous devons continuer à réfléchir collectivement pour une Sécurité Sociale intégrant le remboursement à 100 % des soins et de la prévention ainsi qu’à l’incorporation de la 5ème branche au sein de l’assurance-maladie.
     
    La Sécurité sociale doit devenir une protection solidaire de haut niveau pour toutes et tous de la naissance à la mort.
     
    Avec les services publics elle doit répondre aux besoins de notre siècle. Convergeons pour l’étendre, la renforcer, la réorienter sur ses principes fondateurs : unicité, universalité, solidarité et démocratie.
    La Sécurité Sociale appartient aux salariés et doit donc dépendre d’eux comme cela fut le cas à sa création. Les élections aux caisses instituées le 24 avril 1947 doivent être remises à l’ordre du jour. Mais pour que le rôle des administrateurs élus ne se résume pas à gérer une pénurie organisée par le gouvernement, simultanément la pérennité des ressources doit être garantie en les faisant reposer de façon prépondérante sur les cotisations. D’autre part de nouveaux financements doivent être débattus.
    Tout nous invite à trouver les ressorts d’une nouvelle dynamique convergente.
    A l’occasion des 75 ans de la loi portant généralisation du « régime général » de la Sécurité Sociale, faisons du 22 mai une journée d’actions pour exiger le renforcement, le développement et la démocratisation de la Sécurité sociale.
    La Sécurité Sociale est notre bien commun.
     

  • Il est temps ...

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  • [8mai 21-Savines] Tribulations de manifestant.es…

    Enfin, une manif qui porte sur l’essentiel, l’eau ! Quoi de plus essentiel avec l’oxygène et quelques autres fruits de la terre pour être en vie. Aujourd’hui, je vais dire que l’eau est à personne ou plutôt à tout le monde, je me sens un indigène, de ceux qui ont écrit dans le Monde du 11 avril 2019 : « Nous appelons l’humanité à prendre des mesures pour protéger le caractère sacré de l’eau, de l’air, de la terre, du feu, du cycle de la vie et de tous les êtres humains, végétaux et animaliers. »

    Enfin, une manif qui dit non à la privatisation des biens communs, qui dit non à ceux/celles qui pensent qu’ils/elles ont le droit de s’approprier l’eau, l’air, la vie (l’Adn/Arn). « Il est vital de transformer, notre approche de la nature en l’envisageant non comme une propriété, mais un sujet de droit, garante de la vie. »

    Enfin, à dire vrai, ce n’est pas la première manif mais avec le confinement, on a oublié les épisodes précédents. Il est bon de rouler en ce 8 mai vers le pont de Savines rejoindre les antres manifestant.es. Et, en effet, la circulation se fait pas à pas, les copines et les copains toutes et tous, ou quasi, vêtu.es de gilets jaunes distribuent des tracts aux automobilistes qui pour la plupart approuvent la manifestation. Tout cela dans un air printanier, même les gendarmes ont un air estival, ils sont calmes et souriants. Tout se passe agréablement. 

    11H30, il est temps de rejoindre les autres manifestant.es au pied du barrage de Serre-Ponçon  pour un pique nique convivial et les prises de paroles avant de monter à pieds,par la route, et vers le haut de barrage. Histoire de prendre de la hauteur, de dire bien haut : « Non à la privatisation du barrage, non au vol des biens communs par des picsous.

    Nous dépassons Chorges direction du muséoscope pour redescendre vers le lieu du pique-nique. Las, un peu avant le Col Lebraut, une longue file de voitures est à l’arrêt. La gendarmerie opère un contrôle des véhicules, un contrôle des personnes, elle rafle les objets « contondants » ou susceptibles de le devenir, des hampes de drapeau, des boites à outils, etc.. Bref, la confiance règne. Mais à qui la préfecture pense-t-elle que les manifestant.es peuvent s’en prendre ? Autour du barrage, c’est un désert humain. Il n’y a pas de contre-manifestant.es. Les personnes vont d’abord à un pique-nique, pas à l’assaut des vitrines des Champs-Élysées ! Mais le pouvoir a peur, il a peur de tout, comme s’il était très fragilisé par la pandémie. Et en cela il a raison, il est un colosse aux pieds d’argile !

    Que fait-on ? On patiente ou on cherche une autre route ? On fait demi-tour, on repasse par Chorges, on prend la vallée de l’Avance et on roule vers Espinasse et le bas du barrage. Bien sûr, au rond point on laisse la route filer vers Barcelonnette et on s’engage au bord du plan d’eau de Rousset vers le lieu du pique-nique. Mais, c’est à nouveau la queue, à nouveau les gendarmes, à nouveau les contrôles. Décidément c’est une manifestation prise très au sérieux. Nous faisons demi-tour et décidons de faire comme d’autres, de finir à pieds. Il fait faim. Pique nique au bord du plan d’eau mais sans les autres manifestant.es ! Dommage on les verra en arrivant.

    Mais deux kilomètres à pieds dans la chaleur, ça use, ça use... les vieux ! Ouf, une voiture sympa. nous récupère et nous voilà, après ces pérégrinations à bon port !

    Mais c’est une vrai kermesse, fanfare, pique-niqueurs et pique-niqueuses répandu.es à l’ombre des bois, musique, petits groupes en discussion partout, des gilets jaunes, un drapeau à  tête de mort, sûrement un pirate, un autre aux couleurs LGBT, et des banderoles contre la privatisation des biens communs, etc.. La fête bat son plein. C’est une orgie de bon air, de slogans politiques, entre les militant.es des Hautes-Alpes et d’Aubagne, d’Aubenas, de Digne, etc..  Bref, la fine fleur des lutteuses et des lutteurs contre la financiarisation est là, dans la bonne humeur et la fraternité. Retrouvailles, annonce des prochaines actions, la lutte continue, le néocapitalisme ne passera pas !

    Crevé.es mais sourires aux lèvres, avec plein de bonnes résolutions les 400 à 500 personnes finirent leur pérégrinations avec une certitude dans le cœur : la lutte continue.

    Alexandre Théon

        9 mai 2021