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Elections régionales

  • Communiqué : Région Coopérative : Stop ou encore ? (et si encore : comment ?)

    Dans une situation exceptionnelle à bien des égards, nous sommes 10% des électeurs des Hautes-Alpes à avoir choisis de participer par notre vote à la construction d’une nouvelle manière de vivre l’alternative politique en rassemblant des citoyens et des forces politiques : La Région Coopérative. Nous sommes plus de 5000 à avoir choisi l’espoir et le partage, l’innovation et la révolte, plutôt que les recettes sécuritaires et politiciennes. Nous pouvons être fier d’avoir osé un vote à contre-courant en cette période où tout pousse au repli et aux solutions simplistes.

    Abstention, vote FN, sentiment profond que rien ne changera par les urnes : la crise sociale, politique, économique et écologique que nous traversons est loin d'être résolue. Malgré le relatif sursaut citoyen au second qui a permis d’éviter une région dirigée par l'extrême droite, les élections régionales ont marqué une nouvelle étape vers l’agonie de notre 5ème république et une nouvelle sanction pour les tenants du libéralisme sans entrave.

    Pourtant, l’émergence récente de notre proposition, une campagne courte et marquée par les évènements tragiques du 13 novembre ne nous ont pas permis de trouver une place à chacun dans notre démarche coopérative. De nombreux acteurs des luttes et des alternatives restent encore spectateurs et attendent de nous des actes et une cohérence sur le long terme. La gauche écologiste, sociale et citoyenne est encore à inventer. Nous sommes à la fois à une bifurcation d’une longue histoire politique et pour beaucoup d’entre nous au début d’un chemin.

    Nous souhaitons mettre le bilan de cette campagne et de ce moment politique dans les mains du plus grand nombre. Nous souhaitons aussi que chacun puisse s’exprimer sur la suite de notre rassemblement et la forme qu’il pourrait prendre. Nous n’attendons pas de signal national pour nous mettre en chantier. Nous serons un signal pour le national pour dire comment nous envisageons l’invention d’une alternative citoyenne à partir du terrain.

    Nous proposons aux 7 collectifs qui se sont impliqués lors de cette campagne de se réunir durant le mois de janvier 2016. Nous invitons tous ceux qui se sentent concernés par ce projet à participer à ces rendez-vous.

    L’avenir, de notre territoire, de notre pays, de la planète, ne peut être dicté ni par des sondages ni par un bal des égos suicidaire. Rien n’est écrit. Notre diversité et notre unité sont des forces considérables face à la montée des haines et à la domination des marchés financiers.

    La coordination 05 de la Région Coopérative.

     

     

  • Refonder ou périr (par Clémentine Autain)

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    Les résultats du second tour le confirment : il y a le feu au lac. La gauche défaite laisse le champ libre à la droite et à l’extrême droite. La France n’est pas sans résistances citoyennes profondes face aux monstres qui reviennent. A gauche, il ne suffira pas d’un simple rafistolage : c’est d’une refondation majeure dont nous avons besoin.

    Les politiques néolibérales menées depuis trois décennies ont échoué. Ces recettes de la droite et du PS au pouvoir mènent au chaos. Le chômage, la précarité, les inégalités sont en constante progression. Des vies et des territoires s’en trouvent détruits. La République est malade. Seul un dogmatisme irresponsable peut conduire à poursuivre sur cette voie. Il faut faire autrement.
    Pour reconquérir le soutien populaire, rien ne sert de courir après les thèmes et les thèses de la droite dure : il faut au contraire affirmer une toute autre cohérence d’ensemble, au service de l’égalité et des biens communs et non de la finance, de la justice sociale et de la solidarité et non de la division du peuple, avec les étrangers et musulmans pour boucs émissaires. Quand le gouvernement PS donne des milliards aux grandes entreprises sans contrepartie en matière d’emplois, enfourche la logique guerrière et sécuritaire ou propose d’instaurer la déchéance de nationalité, il ne fait qu’alimenter le vote à droite.
    Il n’y a pas un tiers des Français qui sont devenus fascistes, ce n’est pas vrai. En revanche, il y a des millions de Français qui souffrent de décennies de politiques qui se suivent et se ressemblent. Le FN porte en germe la division, le repli, l’autoritarisme : il est dangereux pour la démocratie et le lien social. Mais il ne suffit pas de dénoncer, il faut proposer une issue progressiste. L’audience d’Eric Zemmour ou de la « Manif pour tous » a créé un climat propice au camp de la réaction. Il nous faut reprendre la rue, occuper le terrain des idées. Ce qui vient de se passer avec la Coalition Climat, la réussite des chaînes humaines en plein contexte d’état d’urgence, indique que la contestation et la créativité restent vivaces dans notre pays. De nombreux foyers d’initiatives et d’effervescences existent partout dans le pays mais ne sont pas raccordées les unes aux autres par un sens commun.
    Lasse du chantier de destruction, je crois à celui de la reconstruction. Où sont passés ces millions de Françaises et Françaises qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2017 et pour François Hollande en croyant au discours du Bourget s’en prenant à la finance ? Nous les avons déçus. Nous n’avons pas convaincus. Il faut prendre la mesure de cet échec et se remettre au travail.
    Il faut sortir de la fragmentation de celles et ceux qui veulent une gauche digne de nom. Toutes les forces qui ont déjà depuis plusieurs mois commencé à converger, le Front de Gauche, EE-LV, Nouvelle Donne, les courants de la gauche du PS et tous les mouvements qui se sont constitués tels que le M6R, les Chantiers d’Espoir, le Mouvement Commun, et les regroupements locaux et nationaux de la gauche d’alternative, doivent converger et inventer, ensemble. Je ne parle pas d’entente au sommet, de nouveau cartel mais d’une dynamique politique capable d’entrainer bien au-delà des appareils existants. Mais ce sont bien les directions des organisations et les personnalités qui peuvent impulser.
    L’heure tourne : 2017, c’est déjà demain. Le risque est grand d’une marginalisation de la gauche qui veut la justice, l’égalité, le bien vivre. C’est pourquoi nous devons dépasser les querelles de personnes, les intérêts de boutiques, les frilosités et les préalables en tous genres pour créer un cadre inédit capable de renverser la situation politique.

    Clémentine Autain

  • Communiqué de Ensemble! Maintenant, construire l'alternative à gauche !

     

    Un sursaut a eu lieu pour barrer la route au FN.

    De nombreux électeurs, notamment à gauche, se sont mobilisés pour empêcher le Front National d'emporter des régions. C'est un soulagement pour des millions de personnes. Le second tour des élections régionales a été marqué par une participation plus importante avec 4 millions d'électeurs supplémentaires qui se sont rendus aux urnes. Mais cela ne doit pas masquer l'ampleur de la crise politique que traverse le pays, le désaveu qui touche les institutions et les partis politiques.

    En dépit de la politique libérale et austéritaire du gouvernement Hollande – Valls, les forces de gauche ont résisté dans plusieurs régions. La droite l'emporte dans de nombreuses régions où elle va aggraver les politiques brutales de casse des services publics.

    Un moment crucial s’ouvre à gauche. Le Front National s'affirme comme une force qui s'enracine dans le pays, qui impose ses idées dangereuses, et qui est déterminée à s'emparer du pouvoir pour mettre en œuvre sa politique xénophobe, anti sociale et anti démocratiques.

    Rien n’est écrit d’avance. Des énergies existent dans le pays qui refusent de céder au rejet de l’autre, au repli sur soi et au racisme. Les mobiliser doit être l'objectif des forces de gauche qui s’opposent à la politique antisociale du gouvernement.

    C'est une révolution culturelle à gauche qui est nécessaire. Il faut retrouver le chemin des mobilisations populaires et unitaires et des batailles d’idées pour rendre possible de nouveaux progrès sociaux, écologiques et démocratiques. Dans les prochaines semaines, toutes les forces sont nécessaires pour se mobiliser contre la politique de casse du Code du Travail imposé par Manuel Valls, contre les nouvelles Loi Macron qui libéralisent l'économie, contre les Grands Projets Inutiles et Imposés, contre toutes les formes de racisme et de discrimination qui gangrènent la société, contre l’état d'urgence pour faire vivre les droits démocratiques, sociaux, écologiques.

    Pour rassembler, il faut un projet commun de tous ceux qui à gauche et dans le mouvement social ne renoncent pas et aspirent à une alternative politique de rupture avec le libéralisme, un nouvel espoir. Ensemble ! propose que toutes les forces politiques et sociales qui partagent cette exigence se rassemblent, à l'échelle locale comme à l'échelle nationale. Ce travail constant et de grande ampleur devra permettre des candidatures communes pour les prochaines échéances électorales de 2017. Notamment avec les forces qui ont déjà depuis plusieurs mois commencé à converger, le Front de Gauche, EEELV, Nouvelle Donne, les courants critiques du PS, les forces de la gauche radicale, tous les mouvements qui se sont constitués que ce soit le M6R, le Mouvement Commun, les Chantiers d’Espoir, les militants syndicaux, associatifs et tous les regroupements locaux et nationaux de la gauche alternative...

    Les forces existent. Nous devons trouver le moyen de les rassembler.

    Le 13 décembre 2015

  • Après le 6 décembre,

     

    Pas beaucoup dormi cette nuit. Je suis abasourdie, assommée, stupéfiée ; comme après un choc quand on reste l’air hagard, le regard mort, la bouche ouverte. Après le drame des attentats du 13 novembre, je n’ai pas pleuré mais plutôt cherché à comprendre comment une telle horreur était possible, debout, les poings serrés et le ventre noué. Ce matin, je suis sonnée et triste, si triste…
    Comment continuer à croire que demain sera meilleur qu’aujourd’hui, que la paix ne sera pas qu’un souvenir et la liberté un rêve utopique ? Pour la première fois, j’ai peur…
    La réforme constitutionnelle que prépare le gouvernement, permettra, grâce aux pouvoirs accrus donnés à la police, la chasse aux opposants, quand la politique suicidaire du parti socialiste pour les idées de gauche, aura amené le Front National au pouvoir. Que vais-je faire ? Résister ? Jusqu’où ?
    Je pense tout d’abord à Jaurès, assassiné pour avoir voulu la paix et ensuite aux héros de la Résistance qui, aux heures les plus noires de la Nation, ont cru en l’avenir et écrit un programme, dans le plus grand secret, au péril de leur vie, pour reconstruire la France fraternelle, solidaire et unie en laquelle ils croyaient. Hier soir, entendre Marine et Marion Le Pen en appeler aux patriotes m’a glacé le sang et je ne peux répondre qu’avec la chanson de Ferrat « Ma France, celle qui paie toujours vos crimes, vos erreurs, celle du vieil Hugo tonnant de son exil, celle dont Monsieur Thiers a dit : qu’on la fusille ! » Ma France n’est pas celle de la haine, de la loi du plus fort ; elle n’est pas seulement blanche et catholique, elle n’exclut personne, elle rassemble.
    Ma France, elle cache un enfant juif et l’élève parmi les siens. Ma France, elle ne regarde pas ailleurs quand, chaque jour, des humains se noient en Méditerranée. Ma France, elle accueille, elle soulage, elle nourrit, elle protège. Ma France, elle ne trahit pas, ne renonce pas, n’abandonne pas. Ma France, elle n’attise pas la haine en pensant que l’orage éclatera toujours sur d’autres têtes.
    L’orage est sur nous. Et maintenant ?
    Isabelle David