Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

ENSEMBLE 05

  • Les gilets jaunes : la France en pleine confusion.

     

    301829Par Jean-Paul Leroux. (article rédigé pour la revue québécoise "à Babord!")

    Que signifie le fait que depuis 2 mois des français se vêtent du gilet jaune des automobilistes en panne ou accidentés pour occuper des ronds points, des entrées d’autoroutes et de centres commerciaux ainsi que les Champs Élysées et autres lieux symboliques de Paris ? Que signifie le fait que le samedi les violences policières et celles d’une partie des Gilets Jaunes se répondent, dérapent, s’arrêtent le dimanche et recommence le samedi suivant ?

    Un bouillonnement inattendu dans ses formes et ses contenus semble avoir saisi l’hexagone. Peut-on démêler cet écheveau lorsque le dit « mouvement des gilets jaunes » n’a pas de leader, n’en veut pas, dénonce les partis, les syndicats, les institutions, le système représentatif, le jeu politique classique, les médias mais propose un catalogue de 42 revendications aussi mouvantes qu’un château de sable. Ce mouvement cherche à se structurer mais ne sait comment s’y prendre. Il ne parvient ni à mourir ni à grandir. Sa force véritable est sa durée : sa renaissance tous les samedi ce qui mobilise les forces de police en alerte permanente. Macron et le gouvernement ne parviennent pas à enrayer cette crise sociale qui devient une crise politique inédite.

    2018-12-01t200656z_923136182_rc1947ad1a00_rtrmadp_3_france-protestsLes analystes et les commentateurs eux-mêmes sont à la peine. Pour certains, il s’agit d’une révolte qui pourrait (avec beaucoup de si..) enclencher une révolution, pour d’autres ce n’est qu’un mouvement « poujadiste » qui fut un mouvement corporatiste de « petits commerçants » qui de 1953 à 1958 a eu une certaine notoriété, traduisant leur exaspération devant la naissance du commerce de masse. Les médias ont été sensible aux personnes en situation sociale précaire ayant peur de tomber dans la misère si elles ne pouvaient plus faire le plein de leur voiture pour aller travailler à cause de la hausse des taxes sur le carburants. Le gouvernement a fini par les annuler. Trop tard, les GJ (Gilets Jaunes) étaient passés à autre chose. Tout cela évoque une chanson enfantine, « il court, il court le furet, il est passé par ici, il repassera par là »! Le gouvernement, pendant un temps, a couru après les GJ  mais il « semble »(?) avoir abandonné pour entrer dans une politique de répression massive, à tel point que les juges commencent à penser que trop c’est trop, que des policiers se font mettre en arrêt maladie pour ne plus participer à la répression et que les syndicats de policiers en ont profité pour obtenir des avantages financiers importants !

    Mais le comble est que, pendant ce temps, les écologistes ont réussi une démonstration d’une ampleur inégalée le 8 décembre et qu’une pétition pour lancer un procès contre l’État par quatre ONG pour inaction climatique a recueilli pratiquement 2 millions de signatures. Qu’un mouvement dans l’éducation nationale dit des « stylos rouges » est en train de déborder les syndicats traditionnels, que dans les hôpitaux… La France est en ébullition.

    1200px-manifestation_des_gilets_jaunes,_porte_maillot_le_17_novembre_2018Un des aspects qui commence à s’éclaircir est la contradiction entre les institutions et les aspirations à contrôler sa propre vie. La France pays jacobin avait commencé une décentralisation en  1982 par la création de régions et une autonomie plus grande des administrations dans les territoires. Mais il y a eu à partir de la présidence Sarkozy un mouvement inverse qui s’est traduit par la volonté de supprimer à terme les départements et de vider de tous pouvoirs les petites communes. On note un mouvement de démission important des maires et la volonté d’un très grand nombre de ne pas vouloir se représenter. L’Association des Maires Ruraux de France (AMRF) a, lors de son congrès de septembre, tiré la sonnette d’alarme sur la situation de désaffection de l’État dans les territoires ruraux et, le hasard faisant bien les choses, c’est devenu un des thèmes des GJ. D’où beaucoup de commentaires de géographes sur l’opposition de plusieurs France : les grandes métropoles, la France périurbaine, la périphérie, la néo-ruralité, etc.. Il existe une « confusion » géographique que traduisent bien les GJ : ils n’ont plus le sentiment que l’État se comporte également envers les citoyens. L’État favorise la métropolisation et crée des déserts de services publics. C’est particulièrement sensible en ce qui concerne les hôpitaux, être malade au fond de la Creuse ou dans le XVIe à Paris n’est pas du tout la même chose. L’« injustice sociale » est un des grand thèmes des GJ. Il est facile de comprendre pourquoi.

    L’État est donc la cible prioritaire des GJ parce qu’ils pensent qu’il accentue les injustices entre les citoyens : augmentation des taxes payées par tous et suppression de l’Impôt sur les Grandes Fortunes, diminution de l’allocation logement pour les plus pauvres et continuation d’une politique d’aides massives aux grandes entreprises de l’ordre de 40 milliards par an. Derrière les revendications touchant au pouvoir d’achat se tiennent les injustices territoriales, sociales c’est-à-dire la rupture de l’égalité.  Par contre et étonnamment le mouvement des GJ a laissé de côté la question salariale. Il n’y a pas de revendication visant les « capitalistes » seul l’État et Macron sont leurs cibles.

    1039039737Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que cette politique de l’État est promu par l’Assemblée Nationale et donc par les député.e.s. De là, un anti-parlementarisme, une mise en cause de la représentation, on assiste à des attaques non seulement d’une préfecture (celle du Puy en Velay dans le département de la Haute-Loire) mais également des permanences des député.e.s de la majorité, ce qui n’est pas sans rappeler les attaques de châteaux et des centres d’impôts dans les campagnes françaises au printemps 1789 ! D’où l’idée qu’il faudrait engager un processus de réforme de la constitution pour aboutir à une Assemblée constituante ! Cette idée est défendu par Eric Piole, le Maire de Grenoble. Le Gouvernement cherche plutôt à « refroidir » la situation en proposant de grands débats autour de certains thèmes : la vie quotidienne, la fiscalité, la pratique de la démocratie et la citoyenneté, l’organisation de l’État et des services publics. Le mouvement des GJ milite pour l’introduction d’un « Référendum d’Initiative citoyen, (RIC) » mais a dû mal à préciser ce qu’il entend par là.

    Les discussions vont bon train sur les « ronds points », mais les différents « ronds points » n’ont pas les mêmes analyses et propositions. Aussi, les GJ commencent à chercher à se structurer à un niveau départemental, à se constituer en associations mais tout cela demeure encore à l’état d’ébauche. Il faut dire que chez les GJ, certain.e.s découvrent l’engagement dans l’espace public et les problèmes d’écoute, d’échange et donc de disponibilité que cela demande, pendant que d’autres, vieux routiers des syndicats et de structures politiques (de la gauche radicale à la droite radicale) nettement plus opérationnels, cherchent à faire avancer leurs propositions.

    cover-r4x3w1000-5befcf314e14c-000-1ax0g1En fait, le mouvement des GJ est traversé par l’ensemble des positionnements politiques, d’où la richesse de ce mouvement et ses confusions. Il est en période de « décantation » et de structuration. S’il se maintient dans le temps, il parviendra peut-être à des « formes » d’organisations novatrices en matière de démocratie interne et de prise de décisions. Pour l’heure, il balbutie engendrant beaucoup d’interrogations.

    Personne n’a vu venir ni ne peut prévoir l’évolution et le débouché de ce mouvement. C’est le propre de ce qu’Hannah Arendt nomme un « événement », soit l’irruption dans l’espace public d’acteurs que personne n’attendait, pas même ceux qui s’y impliquent. Ils sont maintenant en position de créer du nouveau ou de retomber dans de vieilles ornières. Leur grand mérite est d’avoir ré-ouvert le champ des possibles.

     

    Jean-Paul Leroux

    12 janvier 2018

  • Non à la privatisation de nos barrages !

    Cliquer sur le lien:

    https://www.citizaction.fr/petition/non-a-la-privatisation-de-nos-barrages/?fbclid=IwAR1zjNoYTWlYApXrwrCABenaswKH2S5_E6vQ1MM7he0efIKHzgVmKeyRWJg

  • COMMUNIQUE DE LA CIMADE SUD EST ET TOUS MIGRANTS

     
    Après le verdict scandaleux du 13 décembre 2018 à l'encontre des 3+4 de Briançon, Tous Migrants et la CIMADE Sud-Est s'alarment du déni de justice inacceptable et des nouvelles condamnations infligées à 3 autres montagnard.e.s solidaires
     
    Le 10 janvier 2019, Marie, Pierre et Kevin étaient jugés au tribunal de Gap. Ils ont été jugés coupables et sanctionnés pour avoir été solidaires avec des personne exilées. Qui par sa voiture, son thermos ou sa couverture de survie.
    Mais ne nous trompons pas, c’est à nouveau la solidarité et le devoir de fraternité qui ont été condamnés et pénalisés (rappel du verdict : 3 et 4 mois de prison avec sursis pour Pierre et Kevin et peine d’amende pour Marie). 
    Comme bien d’autres personnes solidaires auparavant, Marie, Pierre et Kevin n’auraient pas dû être à la barre d’un tribunal français puisqu’ils ou elle n’ont fait qu’aider une personne exilée en danger ou distribuer un thé chaud.
    Au cœur de ce procès auraient dû se trouver non pas des personnes solidaires mais les vraies raisons politiques de cette situation catastrophique dans nos montagnes alpines qui deviennent des zones de non-droit, de violences et de souffrances mortelles. Ces violations des droits des personnes exilées à la frontière franco-italienne sont connues et déjà maintes fois dénoncées par nos organisations (cf Communiqué de Presse inter-associatif en date du 16 octobre 2018). Le parquet le sait : mettant en danger de mort des personnes, la Police aux frontières traque et poursuit des exilé·e·s dans la montagne. Des signalements ont été envoyés au procureur pour illustrer ces intimidations, ces violences répétées dans les montagnes. Une plainte et des témoignages accablants ont été recueillis et envoyés - en date des 25 et 26 septembre puis du 22 octobre 2018 - au procureur qui ne peut ignorer la situation dans les Alpes. 

    Une justice qui obéit à quels principes ? 
    Des gestes de solidarité, d’hommes et de femmes qui apportent soutien, assistance à leur prochain ne devraient pas être poursuivis par les procureurs. Et pour faire écho à la question posée par l’un des avocats devant le tribunal de Gap : pourquoi le procureur a-t-il choisi de continuer ses poursuites à charge contre les solidaires alors qu’il a le choix de les abandonner ? 
    Les raisons sont là encore éminemment politiques : tout d’abord viser à faire passer pour des délinquant·e·s les personnes solidaires qui défendent les droits humains ; ensuite dissuader d’intervenir celles et ceux qui un jour croiseront sur le bord de la route ou au détour d’un chemin des personnes exilées épuisées, en hypothermie près de la frontière. Enfin, chercher à casser le mouvement citoyen de celles et ceux qui remettent en cause les frontières telles qu’elles sont vécues actuellement. Pour ces trois raisons, des défenseurs des droits humains sont condamnés à des peines de prison.
    Quand la magistrature à Gap s’aligne sur le ministère public, nous nous inquiétons de l’indépendance de la justice, de son impartialité. Le tribunal de Gap semble incapable de prononcer des relaxes face à cette « impérieuse » nécessité de condamner pour faire trembler la solidarité. Preuve en est : le tribunal a passé outre les droits de la défense lors de ce procès. En effet, l ‘un des avocats n’avait pas eu accès au dossier pénal de son client avant l’ouverture du procès ; et un second l’avait reçu très tardivement. Le report a été demandé et chaque fois refusé… Alors même qu’aucune urgence vitale ne justifiait la tenue de ces procès comme l’a rappelé l’un des avocats. Tout aussi grave, des preuves qui auraient disculpé Pierre d’une version policière des faits totalement fallacieuse et mensongère ont été refusées. 
    Ces faits révèlent une justice à charge, une justice qui ne respecte pas ses propres règles, une justice qui frappe les défenseurs des droits au lieu de frapper les responsables politiques et policiers qui non seulement ne respectent pas l’obligation de porter assistance à personne en danger mais contribuent à créer ces mises en danger mortel.

    Il n’y a pas de bons ou de mauvais défenseurs des droits humains
    « Puis je vous demander si vous êtes engagé.e dans une association de soutien aux migrants ? », a demandé la magistrate à chacun des trois solidaires. Poser cette question n’est pas anodin. A celle qui répondait par la négative, une amende, à ceux qui étaient perçus comme « militants », des peines de prison. 
    La question récurrente de la magistrate laisse entendre que le principe de fraternité pourrait accepter plusieurs définitions. Or il n’y en a qu’une : celle qui affirme que le respect des droits fondamentaux de toute personne est une nécessité, quelle que soit sa situation administrative ou autres. Cette question crée la confusion entre la définition d’un principe et les diverses manières et possibilités de le mettre en œuvre dans la pratique. Enfin, elle gomme le fait que les citoyens sont confrontés à un Etat qui ne respecte pas les droits fondamentaux des personnes exilées comme le rappellent inlassablement le Défenseur des Droits, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme et plus largement les défenseurs des droits humains.

    La dérive de l’Etat de droit
    Dans ce contexte, on peut s’interroger sur qui sont les « militants », et pour qui « militantisme » signifie l’instrumentalisation d’une situation pour la poursuite d’une finalité prédéfinie : 
    • S’agit-il des personnes qui viennent en aide à d’autres personnes en détresse, dans le respect du principe de fraternité, que ce soit à titre individuel ou dans un cadre associatif ? 
    • Ou bien celles qui cautionnent délibérément les multiples entraves au droit et les violences policières à l’encontre des personnes exilées ? Celles qui s’acharnent à poursuivre ces personnes solidaires et à les condamner ? Celles qui prennent a priori pour vraies les versions policières et qui accusent a priori les solidaires de fabriquer des faux, tout en refusant d’examiner les documents apportés à l’appui de leurs dires ? Celles qui définissent et soutiennent des politiques migratoires qui ont pour conséquence la mort de milliers de personnes qui cherchent un coin de terre où vivre en paix ? 
    Qu’on y prenne garde : la multiplication des poursuites et des condamnations pénales à l’encontre des personnes solidaires fait apparaître plusieurs marqueurs des sociétés inégalitaires et des régimes autoritaires :
    • la réduction de la fraternité à un acte charitable individuel et isolé (le privilège des riches) 
    • le discrédit de l'engagement collectif consistant à mettre en pratiques des valeurs humanistes et à combattre les injustices
    • le traitement des opposants politiques comme des délinquants.

    Nous réaffirmons que les maraudes soulagent des souffrances et permettent de sauver des vies dans les montagnes. Qu’il s’agit d’une solidarité active qui va bien au-delà du geste charitable isolé auquel les dirigeants actuels voudraient le réduire. A Briançon, comme à Paris, Calais ou dans tant de grandes villes, les maraudes sont les conséquences de ces politiques migratoires qui érigent en principe de ne pas accueillir et de mal accueillir celles et ceux qui ne nous ressemblent pas.

    C’est pourquoi, Tous Migrants et La Cimade Sud-Est :
    • affirment que les maraudes continueront tant que ces politiques illégales et dangereuses persisteront : tous les procureurs de France ne suffiront pas à endiguer les personnes solidaires qui, chaque jour plus nombreuses devant ces exigences de solidarité qu’elles découvrent, agissent pour défendre les droits des exilé·e·s.
    • appellent à une maraude géante solidaire le 15 mars prochain à Montgenèvre : « Tous solidaires ! tous maraudeurs ! » (Informations à suivre)
     

  • Histoires, anecdotes, discussions autour du pastoralisme.

     

    Samedi 19 Janvier, Gap, Café des familles, 20h à 22h.

    Pascal Wick, ancien berger nomade vient nous parler de ses expériences autour du monde en tant que berger.
    Loin de toutes polémiques, ce moment ludique sera l'occasion de s'enrichir des différentes façons d'éduquer un patou, des différentes personnalités de loups et surtout des différentes façons de vivre avec.

    Venez nombreux écouter ces histoires et poser vos questions !
    Pour petits et grands, gratuit!
    histoires, brèves, anecdotes

  • Concert le 25 janvier

    Concert 25 janvier 2019.png