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Du 8 au 23 mai 2021, se tient à Gap et partout à travers la France, le festival de la Quinzaine du Commerce Equitable. Ce festival initié en 2001 par les membres de Commerce Équitable France est le temps fort annuel pour la sensibilisation au commerce équitable auprès des citoyens, des décideurs économique et politiques, des collectivités et des médias. Durant quinze jours, entreprises, associations, collectivités territoriales et militants du commerce équitable proposent des animations partout en France pour permettre à tous de mieux connaître le commerce équitable.
Le commerce équitable en quelques mots :
Depuis plus de quarante ans, le commerce équitable propose de réduire les inégalités sociales et environnementales engendrées par le commerce conventionnel. Outil de la transition écologique et solidaire, le commerce équitable garantit aux producteurs des prix stables et rémunérateurs pour vivre dignement de leur travail et adopter des modes de production respectueux de leur environnement.
La définition du commerce équitable se caractérise par 6 points clés : (article 94 de la loi sur l’Economie Sociale et Solidaire de 2014)
- Des prix rémunérateurs pour les producteurs, basés sur les coûts de production et une négociation équilibrée - Un engagement commercial pluriannuel entre les producteurs et les acheteurs
- Le versement d’un montant supplémentaire destiné au financement de projets collectifs - Une autonomie des producteurs grâce à la mise en place d’une gouvernance démocratique dans leurs organisations
- La transparence et la traçabilité des filières
- La sensibilisation des consommateurs à des modes de production socialement et écologiquement durables Les enjeux de la Quinzaine 2021 : La rencontre avec le Commerce équitable peut tout changer
La Quinzaine du Commerce Equitable s'adresse aux citoyen·ne·s comme autant d'acteur·rice·s du changement de nos modes de consommation. En prenant conscience que chaque acte d’achat est un choix, nous contribuons tous à transformer la société pour construire ensemble un avenir durable et équitable et qui bénéficie à toutes et tous. Nous passons ainsi de consommateurs à consomm’acteurs.
Aujourd’hui, plus que jamais, nous ressentons le besoin de créer du lien, de nous retrouver. Si les gestes barrières forcent à la distanciation, l’épreuve que nous traversons a révélé de belles solidarités sur tout le territoire. Elle a mis en lumière des interdépendances positives, d’un bout à l’autre de la planète ou à deux pas de chez soi. Cette prise
de conscience constitue un levier fort de transformation culturelle. La Quinzaine du commerce équitable est l’occasion de diffuser ces valeurs, au cœur des engagements de notre mouvement. C’est pourquoi la Quinzaine 2021 cherche à mettre en avant les rencontres entre producteur·rice·s et consommateur·ice·s qui sont fondées sur l'équité, le partage des richesses et le bien-être social et environnemental.
La Quinzaine du Commerce Equitable près de chez vous :
Hautes-Alpes solidaires, écologiques et citoyennes : Essai d’analyse du parcours du Collectif citoyen 05
Remarques introductives
D’habitude chaque élection départementale se déroule canton par canton, le département ressemblant ainsi à une juxtaposition de petits territoires, plus ou moins liés et en cohérence les uns ou autres. Or pour la première fois dans les Hautes-Alpes, il y a une véritable campagne cohérente pour tout le département.
Cette dynamique nouvelle est la première réussite d’un collectif de citoyen.nes qui s’est nommé, après une procédure « référendaire » : Hautes-Alpes, solidaires, écologiques et citoyennes, (Collectif 05 ou HASEC pour simplifier dans le texte ci-dessous – voir le site https://collectifcitoyen05.fr/)
Cette réussite se manifeste dans la campagne qui s’ouvre, puisque le Collectif 05 présente des candidat.es sur 12 cantons sur 15 . Les trois cantons restants n’ont pas été pourvu par manque de « citoyen.nes » et de militants politiques. Ce sont des cantons où la gauche est faible.
Mais l’important n’est pas là. Il tient dans le processus égalitaire, inclusif et/ou ouvert mis en œuvre dans l’implication d’une diversité de personnes d’âge, de genre et de localisation différentes et faut-il ajouter de parcours politique très variés. Par exemple, On trouve des « vieux routier » du PCF et des personnes qui n’ont jamais fait « de politique » voire qui n’ont jamais voté ! L’autre point d’importance est la construction d’un projet pour le département, en train d’être finalisé en un programme général qui pourra avoir des déclinaisons contextualisées et propres pour chaque canton, si les candidat.es le désirent.
Une histoire « presque » nouvelle
A partir de la mi-octobre 2020, des discussions politiques intenses et un travail programmatique étonnant ont été porté par le nombre important de personnes qui s’y sont impliquées.
Les discussions politiques et celles concernant le développement du collectif se déroulent au sein de « plénières » , avec une périodicité de 15 jours, le vendredi de 20h à 22h-23h, A ce jour, 15 plénières se sont déroulées, autour d’un présentiel de 35 participant·es en moyenne, et d’une centaine de participant·es étant présent·es au moins une fois. On peut donc noter que l’engagement « citoyen » a été une réalité forte et n’est pas une vue de l’esprit.
Les premières décisions et leurs conséquences.
Les cinq premières plénières ont soulevé des débats politiques sensibles autour de deux problèmes essentiels pour l’existence même du Collectif 05 : quelle était le périmètre politique de ce collectif, comprenait-il le PS, LREM ? Qui composait le Collectif 05 ? Des organisations politiques et des citoyen.nes ou seulement des citoyen.nes dont certain.es étaient aussi membre d’une organisation politique.
La question du périmètre a été tranchée assez rapidement. Ainsi, dès la 3ème plénière il a été décidé à l’unanimité que l’espace n’intégrait pas LREM. Par ailleurs, il se trouve que le PS, intégrant mal dans son schéma la dialectique de construction citoyenne (un membre = une voix) et préférant celle plus classique d’organisation de partis fût mis en minorité et se retira de lui-même dès la 4ème plénière.
Finalement, le Collectif 05 est constitué de deux catégories de citoyen.es : des citoyen.nes « ordinaires et des « citoyen.nes appartenant à une organisation politique, soit à des partis classiques (PCF, EE-LV), à des mouvements politiques (LFI, Ensemble!05-PACG), soit à des associations citoyennes qui avaient présenté des listes aux élections municipales, comme « Ambition pour Gap », et « Briançon Citoyenne ».
Les premiers travaux ont consisté à définir les axes fondamentaux du projet politique. Ils sont au nombre de trois : solidarité, écologie, citoyenneté. Puis, il y eut l’écriture d’un appel pour inviter les citoyen.nes à rejoindre le Collectif 05. Cet appel a reçu rapidement un grand nombre de signatures. A l’heure actuelle, 520 sont signataires. Mais surtout, il a été admis que chaque signataire était membre à part entière du Collectif. Le sens politique de ces nouvelles modalités inclusives, sur une base personnelle, a deux sens : le premier est la mise entre parenthèses des formes politiques traditionnelles, le second est l’émergence d’une construction politique nouvelle. Trois événements internes au collectif 05 illustrent ces deux aspects.
Premier évènement : Le débat sur le soutien du Collectif 05 à l’appel régional « Il est temps ».
Au niveau régional les forces de gauches se sont réunies et ont lancé un appel pour l’unité des forces de gauches aux régionales. Cet appel se nomme « Il est temps ». Le débat portait sur le point suivant : en tant que Collectif 05 constitué des présent.es à la plénière pouvions-nous engager les signataires ? Nous étions d’accord que la plénières est souveraine mais n’est-ce pas passer au-dessus de leur volonté ? Ou bien faut-il demander aux signataires ce qu’ils/elles en pensent ? La solution fût d’expliquer aux signataires l’enjeu d’un soutien de « Il est temps », de leur demander de signer le texte régional et en fonction du nombre de signatures à l’appel de décider pour le Collectif 05. Celui-ci, après cette démarche – style RIC interne – a pu soutenir l’appel. Cet épisode peut facilement s’interpréter comme un frottement entre une forme délégataire de démocratie et une forme de démocratie directe. L’utilisation d’internet permettant, outre les plénières en visio, une rapidité de consultation des membres du Collectif 05.
Deuxième évènement : Difficultés des structures politiques anciennes avec le fonctionnement inédit du Collectif 05.
Le Parti Socialiste n’a tout simplement pas pu accepter de disparaître au profit d’une organisation simplement citoyenne. Il a quitté le Collectif lors de la 4ème plénière.
La FI 05 s’est profondément divisée sur le soutien ou pas au Collectif 05, et cela de manière publique. Certain.es de ses membres ont été des « moteurs » du Collectif 05. D’autres ont essayé différents moyens pour le déstabiliser. Une première fois en venant proposer leur programme comme devant être le programme du Collectif. Refus ! Une deuxième fois en expliquant dans une lettre que ce collectif n’était pas vraiment citoyen et que les citoyens sont dans la rue et qu’il fallait aller discuter avec eux ! Une réponse un peu sèche leur a été faite. Enfin, dernier épisode, ils ont opposé un refus à ce que le logo « FI » apparaissent sous le logo du Collectif 05 pour finalement se raviser. Les militants FI opposés au soutien ont finalement été mis en minorité par la majorité des militant.es des GAFI.
Le troisième évènement concerne la désignation des candidat.es dans un canton. Un candidat, avec le soutien de son ancien parti, le Pcf, voulait avoir l’étiquette du Collectif sans avoir travaillé au sein du collectif et après avoir signé non seulement l’appel du Collectif 05 mais également celui du PS ! Le Collectif 05 voulait présenter deux autres candidats. Le débat (13ème plénière) fût long et difficile. Finalement, les deux candidats ont fait une déclaration commune pour dire que leurs deux candidatures n’étaient pas concurrentes mais complémentaires et que les votant.es trancheraient entre eux et qu’au deuxième tour, ils se désisteraient l’un pour l’autre.
Les raisons d’un « succès ».
A) Une convention citoyenne auto-désignée, la nature de son protocole de fonctionnement.
Le fonctionnement du Collectif 05, par beaucoup d’aspects, ressemble à celui des conventions citoyennes. Je n’insisterais que sur un point : le mode d’animation. Jacques Testart décrit ainsi une des conditions de réussite des conventions citoyennes dont il est, en France, un des spécialistes : Cette réussite « n’est bien sûr réalisable et productrice d’intelligence qu’en respectant scrupuleusement un protocole convenu, où dominent la qualité et l’objectivité des informations fournies, la protection intellectuelle du groupe contre des pressions extérieures, et des conditions matérielles favorables à son épanouissement. » Je ne soulignerais que la question du fonctionnement :
1) « Les décisions sont prises en plénière. L’ordre du jour est préparé par un Groupe d’Animation. Le groupe d'animation compte aujourd'hui 15 personnes. Il peut intégrer de nouveaux participants au fil de l'eau. C'est un facilitateur "technique". Il se charge de la bonne circulation de la communication et de la bonne marche des réunions plénières du collectif départemental. Il accompagne le processus de construction du "projet" sans faire "à la place" des membres du collectif. Il peut toutefois être amené à produire ou piloter des actions définies en plénière. »
Les comptes rendus sont validés au début de chaque plénière.
2) Bienveillance et écoute active
« Nos principes de fonctionnement sont basés sur le respect des individus et des idées, chacun est attendu sur cette attitude bienveillante. Nous vous invitons également à pratiquer ce que l'on peut appeler l'"écoute active", afin d'éviter les répétitions et les incompréhensions lors des réunions. À ce titre, les messages numériques parallèles aux échanges oraux sont déconseillés et doivent respecter ces mêmes principes. Afin de ne pas prendre de temps pour répéter une intervention en cours, on peut manifester son accord ou non en utilisant les smileys "pouce vers le haut" ou "pouce vers le bas" du chat. Lorsqu'une prise de parole est souhaitée, n'hésitez pas à prendre des notes afin de garder votre idée en mémoire. »
B) Le travail très important organisé autour des axes suivants :
- Une équipe technique chargée du site et des « outils » de travail en commun qui a mobilisé aux alentours d’une dizaine de personnes selon les périodes.
- Un Groupe de Travail du projet qui a organisé la production des 29 fiches à partir des compétences du Conseil départemental avec aussi des fiches transversales sur la démocratie, l’éthique des élus. Deux à trois personnes étaient chargées d’une fiche (agriculture, forêts, routes, aérodromes, collèges, aide sociale à l’enfance (jeunes migrant.es, etc...). Elles devaient aussi trouver des personnes ressources pour faire un état des lieux et des propositions débouchant sur des mots d’ordre. Ainsi, on voit qu’il y a eu plus de 50 personnes participantes à ce travail. C’est la première fois dans les Hautes-Alpes qu’une campagne départementale offre un projet d’ensemble sur la politique du Territoire et non pas chaque candidat pour « son » canton. Les thèmes de solidarité, d’écologie et de citoyenneté touchent la totalité des cantons. Les fiches sont en cours de validation par les signataires. Elles sont envoyées 3 par 3 pour lecture, remarques critiques, reformulation, etc.. avant d’être validées en plénière. Au total, 520 personnes auront pu, si elles le désirent participer à cette aventure collective. Internet permet cette consultation permanente des citoyen.nes. Les anglais et les américains parlent de « crowdsourcing » après l’expérience islandaise. Nous essayerons de faire le bilan de ce « crowdsourcing » à la fin de la campagne.
- Un Groupe chargé de la préparation des candidatures par la recherche de candidat.es et l’aplanissement de difficultés entre les personnes susceptibles d’être « concurrentes ». Mais un seul canton a eu cette difficulté. La préparation a été bien faite et la répartition entre les différentes « sensibilités » satisfaisante. La désignation des candidat.es a été approuvée par les signataires de chaque canton et ratifiée en plénière. Les candidat.es ont commencé leur campagne dans la presse et les médias. Avec la levée du confinement et des « jauges » sanitaires la campagne va pouvoir vraiment s’animer..
C) Une conjoncture politique favorable.
Paradoxalement, la situation générale de crise politique et celle de la « gauche » en particulier a poussé les diverses organisations à accepter l’union comme réponse possible. Aucune organisation n’était en position d’imposer son « hégémonie », celles qui ont essayé sont parties, ou ont essuyé un refus et se sont finalement ralliées. Mais une chose est la nécessité, voire la volonté de l’unité, autre chose est de trouver une forme qui puisse la réaliser entre des partenaires aussi différents. Le mérite de celles/ceux qui l’ont mis en œuvre est certain. L’implication forte des citoyen.nes est la raison profonde du succès. Les « logiciels » en œuvre ne sont plus ceux des mouvements politiques mais celui de la citoyenneté. Mais il faut immédiatement ajouter que cette forme nouvelle, faite de créativité et de résistance, est issue d’une tradition citoyenne ancienne dans les Hautes-Alpes, qui bien entendu se manifeste aussi ailleurs, non seulement en France mais partout au niveau mondial.
Avant de conclure, nous voulons parcourir schématiquement quelques étapes de cette histoire vers la citoyenneté.
En 2002, après le duel Chirac-Le Pen, la nécessité de repenser la politique et la démocratie aboutit à un groupe « Réveillons la démocratie ». Ce groupe avait pour but de dynamiser la démocratie en créant un espace public de débat. Plus de 100 débats furent organisés sur les thèmes les plus divers, du rôle des troupes françaises de Hautes-Montagnes, au débat sur le mariage pour tous, le référendum sur la constitution européenne, etc..Ces débats permirent de populariser l’idée de la nécessité de repenser la démocratie sur de nouvelles bases.
En 2007, un secrétaire de la CGT, obtint le soutien du PCF et de la Ligue communiste pour se présenter aux élections législatives sous l’étiquette : « Pour une Alternatives Citoyennes à Gauche » (P.A.C.G) », ayant frôle les 10 % des voix, il fût nécessaire de créer une association pour recevoir les fonds publics. L’idée d’une alternative citoyenne venait d’avoir eu un beau succès dans le premier arrondissement des Hautes-Alpes. En 2008, PACG présenta une liste aux municipales de Gap sous l’étiquette : G.A.U.C.H.E : Gap, Alternative, Unitaire, Citoyenne, Humaniste, Écologique. Le fonctionnement de cette liste préfigurait sous de nombreux aspects celui du Collectif 05, en particulier en ce qui concerne la construction du programme. En 2014, il y eut une liste « Tous Capables – G.A.U.C.H.E » aux municipales. Mettre en avant l’expression « Tous Capables » revenait à affirmer que tous les citoyen.nes sont capables de faire de la politique, ils/elles sont égaux et égales devant les choix de société. Ce sont autant de « petites « graines » qui ont poussé », pour reprendre une expression d’une citoyenne fortement engagée dans le Collectif 05. Lors des législatives de 2017, l’idée d’une union devait aboutir à la création d’un groupe (Pcf, Ensemble!, EE-LV) dénommé « Convergence 05 » qui voulait présenter des candidat.es dans les 2 circonscriptions L’appel aux citoyens été une des marqueurs importants de cette Convergence 05. Cette unité est venue achopper sur la volonté « hégémonique » de la FI, nouvelle venue dans le champs politique. Dans la deuxième circonscription, avec un seul candidat, il aurait été possible d’être au deuxième tour. Cet épisode malheureux joue un rôle important dans la volonté de dépasser les clivages traditionnels. Il faut aussi noter que sur Briançon, on retrouve cette implication dans la liste «Briançon citoyenne dont les membres sont actifs dans le Collectif 05.
La nouveauté du Collectif 05 est donc d’avoir réussi deux choses. La première de mettre en avant les citoyen.nes, ce qui a permis de neutraliser les querelles à gauche. Et cela n’a été possible que par la constitution d’une forme inédite qui ressemble de beaucoup aux conventions citoyennes.
Quelle sera l’impact électoral de cette nouveauté ? Réponse au mois de Juin. Est-ce que Hautes-Alpes, solidaires, écologiques et citoyennes aura un avenir au-delà des départementales ? Affaire à suivre...
Jean-Paul Leroux
30 avril 2021
PS : Je remercie A.G, C.L, J-C.E pour leurs apports.
En juin 2021, auront lieu les élections régionales et départementales, le temps de l’alternative est venu, construisons la ensemble ! Rassemblons nous pour des Hautes Alpes solidaires, écologiques et citoyennes. Dans notre département, comme dans tout le pays, la situation économique, les choix politiques et l’urgence climatique, nous obligent à rompre avec un modèle de société par ailleurs désastreux : les inégalités sociales se creusent, la pauvreté et la précarité s'accroissent, touchant durement des milliers de personnes. La crise sanitaire et sociale a mis en évidence les failles d’un système économique qui privilégie les intérêts de quelques uns au détriment du plus grand nombre et qui dilapide notre bien commun, notre planète. Mais l'implication de plus en plus grande des citoyen·nes montre une prise de conscience et la volonté de changer pour plus de justice sociale et environnementale. Cette implication doit nous conduire à avancer ensemble pour que notre département devienne un bouclier social et sanitaire, un espace innovant pour la transition écologique et un territoire engagé pour la rénovation démocratique. L’union est la seule solution que nous avons pour combattre les politiques de droite et écarter le danger de l’extrême droite. Construisons ensemble un projet ambitieux pour répondre à l’urgence sociale, préparer la transition écologique et engager la transformation démocratique indispensable. Faisons naître sur nos territoires des candidatures d’espoir et de transition, pour une nouvelle majorité populaire, sociale et écologique ! C’est pourquoi nous appelons tou·tes les citoyen·nes du territoire, membres ou non d'associations, de forces politiques et syndicales, gilets jaunes, tou·tes les habitant·es des Hautes Alpes qui se reconnaissent dans cet appel, à venir co-construire un projet départemental et à s’unir pour gagner les élections. Il n’est plus temps d’attendre. L’urgence est là, vous aussi, signez l'appel.
Le collectif « Il est temps » œuvre depuis six mois à la constitution d’une liste d’union des forces écologistes, sociales et citoyennes dès le premier tour aux élections régionales des 20 et 27 juin prochains et travaille depuis 2 mois à un projet résolument écologique, social et démocratique pour la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec plus de 300 militants et citoyens. Or, nous avons appris qu’hier soir, Hélène Hardy, déléguée nationale aux élections d’Europe Écologie- Les Verts, a refusé la perspective d’une liste unique aux élections régionales en PACA en rejetant tout accord avec La France Insoumise. Nous condamnons cette mise à l’écart d’un partenaire essentiel du rassemblement et réaffirmons, nos principes dans la réalisation de l’union des forces écologistes, sociales et citoyennes : - Le rassemblement de toutes les composantes politiques et citoyennes présentes dans le collectif « Il est temps » et ouvert aux autres forces écologistes, régionalistes, sociales et citoyennes - Un programme reprenant les principales propositions issues des groupes de travail programmatique du collectif « Il est temps » ; - Une liste composée de militants d’organisations politiques et de citoyen.ne.s engagé.e.s dans des causes écologiques, sociales et solidaires ; - Un engagement à porter une rénovation des pratiques démocratiques pour répondre à la défiance des citoyen.ne.s envers les représentants politiques. Nous sommes convaincus que ces principes sont les seuls susceptibles d’offrir une alternative crédible à la politique autoritaire, antisociale et anti-écologique de Renaud Muselier allié depuis aujourd’hui à Emmanuel Macron dans notre Région et à l’impasse du vote Rassemblement National.
Mireille Damiano et Olivier Dubuquoy, Porte-paroles du collectif "Il est temps"
"Entre piètres résultats électoraux et affaiblissement de sa pensée, la social-démocratie semble aujourd'hui dans une impasse"... Ainsi s'ouvre le dossier de mai. Lire la suite ici.
"On fabrique, on vend, on se paie!". Lip 1973. Ça vous parle?... Ça nous parle vraiment en 2021. Comme nous parle pour les jours et les années d'après l'expérience des femmes du Rojava qui nous écrivent "depuis la révolution".
Patrick Le Tréhondat, lui, nous parle du levain démocratique de la jeunesse asiatique. C'est l'objet de son édito.
Malgré le changement climatique, la crise économique et la pandémie, la mairie de Saint Michel de Chaillol persiste dans son projet ubuesque de remontée mécanique sur les pentes du Vieux Chaillol. Le projet en est au stade de l’enquête publique. Cette petite station de ski du Champsaur, dans les Hautes-Alpes, veut poursuivre la bétonisation de la montagne pour espérer aller plus vite que le réchauffement climatique !
Un projet anachronique et destructeur
La commune de Chaillol n’a pas peur de la contradiction : elle revendique un modèle de développement doux, respectueux du milieu montagnard et de l’environnement… tout en élaborant un projet de remontée mécanique « télépulsée » jusqu’au col de la Pisse, à 2400m d’altitude, sur la limite du cœur du Parc national des Écrins ! Un projet basé sur le toujours plus et le toujours plus haut, qui s’inscrit dans la poursuite d’un modèle économique dépassé.
Haut-lieu de la randonnée en été comme en hiver, la montagne de Chaillol est une zone encore préservée, au cœur d’un paysage alpin remarquable. Les promoteurs de ce projet envisagent sans scrupule de détruire l’intérêt paysager et le caractère sauvage de ce site. A l’heure de la perte de biodiversité et du changement climatique, ce projet de remontée mécanique énergivore va à contresens de toutes les mesures environnementales préconisées par ailleurs !
L’étude d’impact ne s’est penchée que sur les conséquences du chantier, elle ne dit rien de l’impact du fonctionnement quotidien d’une telle infrastructure ! Aucune analyse des effets des 500 personnes à l’heure (capacité prévue) déboulant au restaurant d’altitude avant de fouler les alpages à pied, en VTT ou en ski de randonnée… Aucune allusion au trafic routier engendré par ces 500 touristes à l’heure, aux projets immobiliers associés, aux effets de la surfréquentation du site sur la faune et la flore…
Du « 4 saisons », oui mais…
Orientée plein sud et confrontée chaque année au manque de neige et au réchauffement climatique (l’inéluctable recul du manteau neigeux), la station de Chaillol cherche une nouvelle voie. Elle persiste à poursuivre la bétonisation à marche forcée de la montagne pour profiter autant que possible de la pratique du ski, mais pas seulement : la mairie de Chaillol vante un projet « quatre saisons » ayant des objectifs respectueux du milieu naturel… Avec rien de moins que 8 pylônes, une gare intermédiaire et un restaurant d’altitude, c’est un mensonge ! Prendre de l’altitude en télécabine pour manger un morceau et prendre quelques photos, ça n’est pas découvrir la montagne ni les sports de pleine nature.
Bien sûr, préserver des emplois locaux pour les « jeunes du pays » est nécessaire. Mais l’attractivité du Champsaur passe-t-elle par l’implantation d’une énième remontée mécanique qui,
entre autres, dénature le paysage, génère des nuisances sonores, menace la biodiversité ? Qui viendrait voir des pylônes en lieu et place d’un alpage et de chant des oiseaux ? Rendre la montagne plus accessible par ce moyen mécanique, c’est plus de monde dans ce secteur du cœur du Parc national des Écrins, avec un risque de pression accrue sur cet espace fragile et emblématique, sans que l’étude d’impact n’étudie ce point.
Nos contemporains ont soif de nature et de montagne ; les différents épisodes de déconfinement l’ont montré. Mais investir dans une « économie durable », c’est privilégier les activités douces de proximité qui doit être bénéfique à l’environnement. Nous ne pouvons que déplorer les conséquences d’un tel projet sur la biodiversité et ses paysages.
Au niveau économique et réglementaire
Dépenser 10 millions d’euros et balafrer nos montagnes, pour combien d’emplois créés et pour quel retour sur investissement ? Qu'en est-il de la rentabilité d’un tel projet ? Quelle fréquentation, combien de forfaits pour équilibrer financièrement la structure ? Là encore, aucun chiffre précis n’est avancé, si ce n’est les 35000€ déjà gaspillés pour la réalisation des études !
Combien de randonneurs amoureux de la nature, qui font vivre l’économie locale aujourd’hui, seront repoussés par cette infrastructure destructrice ? Il est grand temps d’inventer des aménagements sobres et des activités douces, favorables à la santé des hommes et respectueux du milieu montagnard.
D’un point de vue réglementaire, on pourra s’étonner que l’avis d’enquête publique mentionne l’intention de la commune de prendre un permis d’aménager dès la fin de l’enquête, faisant fi de la procédure « Unité touristique nouvelle » (pour la remontée mécanique et le restaurant associé) et de la nécessaire modification des documents d’urbanisme, le Schéma de cohérence territorial du Gapençais en premier lieu, nécessaires réglementairement à la réalisation de ce projet. Le dossier incomplet, ne comprend pas le résumé non technique de l’étude d’impact, ni l’avis de l’Autorité environnementale, non plus que l’avis des communes voisines, le plan d’exposition au risque, ni même l’arrêté municipal décidant du lancement de cette enquête.
Nous souhaitons protéger nos alpages et les espaces sauvages. Nous ne voulons pas payer les conséquences d’un tel projet. Nous souhaitons que les générations futures puissent avoir accès à une montagne préservée.
Nous invitons toutes les personnes se sentant concernées à se manifester auprès du commissaire enquêteur. Vous pouvez participer à l’enquête publique jusqu’au 21 mai :
« De nos jours, presque tous les prétendus progrès de l'homme, tels que la construction de maisons, l'abatage des forêts et des grands arbres, déforment tout simplement le paysage et le rendent de plus en plus insipide et domestiqué. »