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  • Naomi Klein : « Le mouvement Occupons Wall Street est actuellement la chose la plus importante au monde »

    12 octobre 2011  http://www.bastamag.net/article1812.html?mid=4

    Naomi Klein, journaliste canadienne et auteur de La Stratégie du choc, était invitée à s’exprimer par le mouvement Occupy Wall Street, à New York. Selon elle, ce mouvement va durer, car le combat contre le système économique « injuste et hors de contrôle » prendra des années. Objectif : renverser la situation en montrant que les ressources financières existent, qui permettraient de construire une autre société.

    J’ai été honorée d’être invitée à parler [le 29 septembre] devant les manifestants d’Occupons Wall Street. La sonorisation ayant été (honteusement) interdite, tout ce que je disais devait être répété par des centaines de personnes, pour que tous entendent (un système de « microphone humain »). Ce que j’ai dit sur la place de la Liberté a donc été très court. Voici la version longue de ce discours [publiée initialement en anglais dans Occupy Wall Street Journal].

    Je vous aime.

    Et je ne dis pas cela pour que des centaines d’entre vous me répondent en criant « je vous aime ». Même si c’est évidemment un des avantages de ce système de « microphone humain ». Dites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous redisent, encore plus fort.

    Hier, un des orateurs du rassemblement syndical a déclaré : « Nous nous sommes trouvés. » Ce sentiment saisit bien la beauté de ce qui se crée ici. Un espace largement ouvert – et une idée si grande qu’elle ne peut être contenue dans aucun endroit – pour tous ceux qui veulent un monde meilleur. Nous en sommes tellement reconnaissants.

    S’il y a une chose que je sais, c’est que les 1 % [les plus riches] aiment les crises. Quand les gens sont paniqués et désespérés, que personne ne semble savoir ce qu’il faut faire, c’est le moment idéal pour eux pour faire passer leur liste de vœux, avec leurs politiques pro-entreprises : privatiser l’éducation et la Sécurité sociale, mettre en pièces les services publics, se débarrasser des dernières mesures contraignantes pour les entreprises. Au cœur de la crise, c’est ce qui se passe partout dans le monde.

    Et une seule chose peut bloquer cette stratégie. Une grande chose heureusement : les 99 %. Ces 99 % qui descendent dans les rues, de Madison à Madrid, en disant : « Non, nous ne paierons pas pour votre crise. »

    Ce slogan est né en Italie en 2008. Il a ricoché en Grèce, en France, en Irlande, pour finalement faire son chemin jusqu’à l’endroit même où la crise a commencé.

    « Pourquoi protestent-ils ? » demandent à la télévision les experts déroutés. Pendant ce temps, le reste du monde demande : « Pourquoi avez-vous mis autant de temps ? », « On se demandait quand vous alliez vous manifester ». Et la plupart disent : « Bienvenus ! »

    Beaucoup de gens ont établi un parallèle entre Occupy Wall Street et les manifestations « antimondialisation » qui avaient attiré l’attention à Seattle en 1999. C’était la dernière fois qu’un mouvement mondial, dirigé par des jeunes, décentralisé, menait une action visant directement le pouvoir des entreprises. Et je suis fière d’avoir participé à ce que nous appelions alors « le mouvement des mouvements ».

    Mais il y a aussi de grandes différences. Nous avions notamment choisi pour cibles des sommets internationaux : l’Organisation mondiale du commerce, le FMI, le G8. Ces sommets sont par nature éphémères, ils ne durent qu’une semaine. Ce qui nous rendait nous aussi éphémères. On apparaissait, on faisait la une des journaux, et puis on disparaissait. Et dans la frénésie d’hyperpatriotisme et de militarisme qui a suivi l’attaque du 11 Septembre, il a été facile de nous balayer complètement, au moins en Amérique du Nord.

    Occupy Wall Street, au contraire, s’est choisi une cible fixe. Vous n’avez fixé aucune date limite à votre présence ici. Cela est sage. C’est seulement en restant sur place que des racines peuvent pousser. C’est crucial. C’est un fait de l’ère de l’information : beaucoup trop de mouvements apparaissent comme de belles fleurs et meurent rapidement. Parce qu’ils n’ont pas de racines. Et qu’ils n’ont pas de plan à long terme sur comment se maintenir. Quand les tempêtes arrivent, ils sont emportés.

    Être un mouvement horizontal et profondément démocratique est formidable. Et ces principes sont compatibles avec le dur labeur de construction de structures et d’institutions suffisamment robustes pour traverser les tempêtes à venir. Je crois vraiment que c’est ce qui va se passer ici.

    Autre chose que ce mouvement fait bien : vous vous êtes engagés à être non-violents. Vous avez refusé de donner aux médias ces images de fenêtres cassées ou de batailles de rue qu’ils attendent si désespérément. Et cette prodigieuse discipline de votre côté implique que c’est la brutalité scandaleuse et injustifiée de la police que l’histoire retiendra. Une brutalité que nous n’avons pas constatée la nuit dernière seulement. Pendant ce temps, le soutien au mouvement grandit de plus en plus. Plus de sagesse.

    Mais la principale différence, c’est qu’en 1999 nous prenions le capitalisme au sommet d’un boom économique frénétique. Le chômage était bas, les portefeuilles d’actions enflaient. Les médias étaient fascinés par l’argent facile. À l’époque, on parlait de start-up, pas de fermetures d’entreprises.

    Nous avons montré que la dérégulation derrière ce délire a eu un coût. Elle a été préjudiciable aux normes du travail. Elle a été préjudiciable aux normes environnementales. Les entreprises devenaient plus puissantes que les gouvernements, ce qui a été dommageable pour nos démocraties. Mais, pour être honnête avec vous, pendant ces temps de prospérité, attaquer un système économique fondé sur la cupidité a été difficile à faire admettre, au moins dans les pays riches.

    Dix ans plus tard, il semble qu’il n’y ait plus de pays riches. Juste un tas de gens riches. Des gens qui se sont enrichis en pillant les biens publics et en épuisant les ressources naturelles dans le monde.

    Le fait est qu’aujourd’hui chacun peut voir que le système est profondément injuste et hors de contrôle. La cupidité effrénée a saccagé l’économie mondiale. Et elle saccage aussi la Terre. Nous pillons nos océans, polluons notre eau avec la fracturation hydraulique et le forage en eaux profondes, nous nous tournons vers les sources d’énergie les plus sales de la planète, comme les sables bitumineux en Alberta. Et l’atmosphère ne peut absorber la quantité de carbone que nous émettons, créant un dangereux réchauffement. La nouvelle norme, ce sont les catastrophes en série. Économiques et écologiques.

    Tels sont les faits sur le terrain. Ils sont si flagrants, si évidents, qu’il est beaucoup plus facile qu’en 1999 de toucher les gens, et de construire un mouvement rapidement.

    Nous savons tous, ou du moins nous sentons, que le monde est à l’envers : nous agissons comme s’il n’y avait pas de limites à ce qui, en réalité, n’est pas renouvelable – les combustibles fossiles et l’espace atmosphérique pour absorber leurs émissions. Et nous agissons comme s’il y avait des limites strictes et inflexibles à ce qui, en réalité, est abondant – les ressources financières pour construire la société dont nous avons besoin.

    La tâche de notre époque est de renverser cette situation et de contester cette pénurie artificielle. D’insister sur le fait que nous pouvons nous permettre de construire une société décente et ouverte, tout en respectant les limites réelles de la Terre.

    Le changement climatique signifie que nous devons le faire avant une date butoir. Cette fois, notre mouvement ne peut se laisser distraire, diviser, épuiser ou emporter par les événements. Cette fois, nous devons réussir. Et je ne parle pas de réguler les banques et d’augmenter les taxes pour les riches, même si c’est important.

    Je parle de changer les valeurs sous-jacentes qui régissent notre société. Il est difficile de résumer cela en une seule revendication, compréhensible par les médias. Et il est difficile également de déterminer comment le faire. Mais le fait que ce soit difficile ne le rend pas moins urgent.

    C’est ce qui se passe sur cette place, il me semble. Dans la façon dont vous vous nourrissez ou vous réchauffez les uns les autres, partageant librement les informations et fournissant des soins de santé, des cours de méditation et des formations à « l’empowerment ». La pancarte que je préfère ici, c’est : « Je me soucie de vous. » Dans une culture qui forme les gens à éviter le regard de l’autre et à dire : « Laissez-les mourir », c’est une déclaration profondément radicale.

    Quelques réflexions finales. Dans cette grande lutte, voici quelques choses qui ne comptent pas :

    - Comment nous nous habillons,
    - Que nous serrions nos poings ou faisions des signes de paix,
    - Que l’on puisse faire tenir nos rêves d’un monde meilleur dans une phrase-choc pour les médias.

    Et voici quelques petites choses qui comptent vraiment :
    - Notre courage,
    - Notre sens moral,
    - Comment nous nous traitons les uns les autres.

    Nous avons mené un combat contre les forces économiques et politiques les plus puissantes de la planète. C’est effrayant. Et tandis que ce mouvement grandit sans cesse, cela deviendra plus effrayant encore. Soyez toujours conscients qu’il y a aura la tentation de se tourner vers des cibles plus petites – comme, disons, la personne assise à côté de vous pendant ce rassemblement. Après tout, c’est une bataille qui est plus facile à gagner.

    Ne cédons pas à la tentation. Je ne dis pas de ne pas vous faire mutuellement des reproches. Mais cette fois, traitons-nous les uns les autres comme si on prévoyait de travailler ensemble, côte à côte dans les batailles, pour de nombreuses années à venir. Parce que la tâche qui nous attend n’en demandera pas moins.

    Considérons ce beau mouvement comme s’il était la chose la plus importante au monde. Parce qu’il l’est. Vraiment.

    Naomi Klein, le 6 octobre 2011

     

     
  • GAP (HAUTES-ALPES) Les salariés de Louis-Jean fixés sur leur sort mercredi 19 octobre (Article DL du 15 octobre)

    Les salariés ont organisé « un pique-nique solidaire » avant de se retrouver au tribunal. Photo DL / Virgile

    Les salariés ont organisé « un pique-nique solidaire » avant de se retrouver au tribunal. Photo DL / Virgile

    Des sandwiches, un feu… Juste à côté un cercueil en carton avec une photo datant de 1958. Des anciens de Louis-Jean se souviennent. « Je suis rentré en 1954 » se remémore l’un d’eux. « À l’époque, on était les seuls à travailler avec les Émirats Arabes » complète un autre.

    Le tribunal devrait prononcer la liquidation

    Il est bien loin l’âge d’or de l’imprimerie Louis-Jean de Gap. Hier, les anciens sont venus soutenir les 32 employés actuels et partager avec eux « un dernier repas, un pique-nique solidaire » souligne Natacha Culoma, déléguée CGT du personnel. Dans quelques heures, ils ont rendez-vous au tribunal de commerce qui va statuer sur l’avenir de la structure. Instance qui a mis la décision en délibéré au mercredi 19 octobre, à 16 heures. « Depuis 12 ans, il y a une mauvaise gestion de l’entreprise et M e Gillibert, l’administrateur, a tout fait pour qu’on coule » dénonce la jeune femme.

    « Ce qui est triste c’est que ce n’est pas parce qu’il y a un problème économique qu’on ferme mais parce qu’on est tombé sur un patron qui a coulé la boîte » assène un autre qui rappelle aussi, qu’il n’y a pas très longtemps, à Louis-Jean, les salariés faisaient des heures supplémentaires tellement il y avait du travail.

    « On n’a pas eu d’ordre de reprise de travail » conclut Nathalie Culoma. Pourtant, ils se sont donné rendez-vous lundi matin, devant l’entreprise. En l’absence de repreneur connu, le tribunal devrait prononcer la liquidation.

    par Julie BATAILLON le 15/10/2011 à 06:00
  • Réponse de Mélenchon à Montebourg


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    Je souhaitais vous communiquer la lettre de réponse de Jean-Luc Mélenchon à Arnaud Montebourg et que vous trouverez ci-dessous ou en cliquant ici. Vous dire aussi - et c’est une très bonne nouvelle - le très grand succès du Livre programme du Front de Gauche (prix de vente à 2 euros) qui est déjà un best-seller : on atteint les 100.000 exemplaires vendus et il est classé numéro 3 des ventes à la FNAC. Tout ça est très positif, très enthousiasmant… je vous invite à le faire circuler sans modération. A tout bientôt.

    Clémentine Autain

    ***

    Cher Arnaud Montebourg,

    J’ai lu la lettre que tu as envoyée à tes compétiteurs de la primaire socialiste. Tu as voulu qu’elle soit « ouverte ». Je me sens concerné. En effet, tu t’adresses aux deux socialistes qui pourraient être candidats à l’élection présidentielle. Je le serai pour ma part en toute certitude, au nom du Front de Gauche. Les questions que tu poses concernent toute la gauche et tous nos concitoyens.

    J’ai donc souhaité y répondre.

    Le nombre de votants aux primaires organisées par le Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle montre une volonté d’intervention populaire. Celle-ci marque je crois les temps politiques nouveaux dans lesquels nous sommes entrés. Car désormais le grand nombre sent bien que les dogmes suivis jusqu’à présent par les pouvoirs en place mènent le monde à une impasse. Chacun se sent dès lors invité à se mêler des affaires publiques. Bonne nouvelle !

    En t’écrivant, je veux donc contribuer à ce débat démocratique indispensable pour que l’élection présidentielle ne se réduise pas à une compétition de personnes mais permette aux citoyens d’exercer en toute lumière une souveraineté éclairée par le débat argumenté. Lire la suite »

  • SILENCE: "LOUIS JEAN" VIT SES DERNIERES HEURES !

    IMG-20111014-00336.JPGDans l'indifférence des élus (députés, sénateur, conseillers régionaux, conseillers généraux et maire de Gap) le dernier "fleuron" de l'industrie des Hautes Alpes va disparaître définitivement et les 33 salariés subiront un licenciement économique avec toutes les conséquences humaines que l'on imagine.
    En effet aujourd'hui le tribunal de commerce de Gap avait à son ordre du jour l'avenir de la société "Louis Jean imprimeur" basée à Gap avenue d'Embrun.
    La décision est mise en délibéré au 19 octobre prochain à 16h.
    En l'absence de repreneur, il est fort probable que la liquidation de la société soit décidée et IMG-20111014-00337.JPGil en sera fini de cette imprimerie, quel gâchis !
     

    Françoise Perroud et Jean-Claude Eyraud
     

  • Déclaration de Julien Lauprêtre

     

    17 octobre, "Journée Mondiale du refus de la misère"

    jeudi 13 octobre 2011


    A la veille du 17 octobre, "Journée Mondiale du refus de la misère", déclaration de Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français : "Ne pas rajouter de la misère à la misère"

    « Depuis près de 25 ans, à l’initiative du « Mouvement ATD Quart Monde », le 17 octobre, est célébrée la « Journée Mondiale du refus de la misère ». Devant la montée de celle-ci, de la pauvreté, année après année, cette volonté de refus est partagée par un nombre croissant de nos compatriotes. Le Secours populaire français s’associe à ces efforts, avec cette volonté de gagner de nouveaux concours, de nouvelles bonnes volontés, de nouvelles participations à ce « front du refus ».

    Mais ce 17 octobre 2011 s’annonce avec de très mauvaises décisions. Aussi, à la veille de cette date, le Secours populaire lance un nouveau cri d’alarme pour empêcher de voir se rajouter « de la misère à la misère ».

    Si les autorités européennes ne reviennent pas sur leur décision, un désastre alimentaire sans précédent menace des millions de familles qui ne mangent que grâce au Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD). En Europe, un peu plus de 13 millions de personnes accèdent à ce programme d’une valeur de 480 millions d’euros. En France, le programme est de 72 millions d’euros et aide près de 4 millions de personnes à se nourrir par l’intermédiaire de 4 associations : les Banques Alimentaires, la Croix-Rouge française, les Restos du Cœur et le Secours populaire français. Il représente entre 23 et 55% des denrées alimentaires distribuées par les 4 associations.

    La décision de la Cour européenne de justice, appuyée par l’Allemagne et 5 autres États, pénalise 19 États, dont le nôtre, avec son objectif visant à diminuer de 75% le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) en 2012, et sa suppression totale, en 2013.

    Derrière la froideur de ces chiffres, se cache la détresse d’enfants, de familles, de personnes âgées, de chômeurs, de travailleurs pauvres, de jeunes, etc.

    Deux cultures s’opposent : celle de l’égoïsme, du chacun pour soi, de l’argent et celle de l’humain et de la solidarité. Au moment où la valse des milliards est orchestrée, l’argent versé par le PEAD représente seulement 1 euro par habitant d’Europe.

    Le 17 octobre, le Secours populaire français appelle tous les gens de cœur et de raison, dans tous les départements, à se faire entendre et à témoigner pour arrêter ce « Tsunami alimentaire programmé ».

    C’est encore possible, les voix de l’humanitaire doivent permettre de réformer le PEAD afin d’empêcher que le fléau de la faim dans le Monde ne gagne plus de terrain, y compris chez nous et partout en Europe. Toute décision sur l’avenir du PEAD a été reportée à la réunion du Conseil des ministres européens de l’agriculture du 20 octobre. »