Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • Formation des emplois d'avenir : l'économie sociale montre l'exemple


    Publié par : http://www.localtis.info
    Le : lundi 14 janvier 2013

    *************

    L'Usgeres et l'Etat ont signé ce 14 janvier une convention sur la
    formation professionnelle des jeunes recrutés en emplois d'avenir.

    Lancés en fanfare début novembre, les emplois d'avenir ont connu de
    premiers accrocs : des licenciements pour insuffisance professionnelle,
    notamment au sein de la caisse d'allocation familiale du Var qui vient
    de licencier six jeunes encore en période d'essai, recrutés en tant que
    téléconseillers.

    Proposés à des jeunes peu qualifiés, dans le secteur public ou social,
    ces emplois impliquent en effet un parcours formation : l'emploi doit se
    traduire par une attestation de formation, d'expérience professionnelle
    ou une validation des acquis de l'expérience. Condition nécessaire pour
    sortir ces jeunes éloignés du marché du travail de la spirale du chômage.

    Pour atteindre cet objectif, l'Usgeres (Union des syndicats et
    groupements d'employeurs représentatifs dans l'économie sociale),
    important pourvoyeur d'emplois d'avenir, vient de signer une convention
    avec l'Etat, ce lundi. Les employeurs de l'économie sociale et solidaire
    s'engagent ainsi à apporter une véritable formation aux jeunes recrutés
    en emploi d'avenir. Vingt millions d'euros seront réservés à ces actions
    par la société Uniformation, un organisme paritaire collecteur agréé
    (Opca) de l'économie sociale.

    Cette convention va permettre "la mise en place de formations
    qualifiantes qui sont le meilleur gage de la pérennisation des emplois
    pour tous les jeunes recrutés, quels que soient leur niveau initial et
    leur lieu de résidence", s'est félicité le ministre délégué chargé de
    l'ESS, Benoît Hamon. L'Etat s'engage pour sa part à cofinancer une
    action de développement de l'emploi et des compétences consacrée à de
    l'ingénierie, avec Uniformation, précise Bercy dans un communiqué. Il
    mobilisera les autres financeurs comme les régions et les partenaires
    sociaux via le FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours
    professionnels). Le rôle des régions dans le dispositif en matière de
    formation a été rappelé par le pacte signé entre elles et l'Etat le 12
    septembre. Quant au FPSPP, il lancera cette année un appel à projets de
    30 millions d'euros dédiés à la formation des jeunes en emploi d'avenir.

    S'agissant des jeunes embauchés en collectivité, le Centre national de
    la fonction publique territoriale (CNFPT) assurera le financement de
    leur formation. Une convention annuelle d'objectifs et de moyens doit
    être signée entre le CNFPT et l'Etat.

    Certains observateurs considèrent que la période d'essai d'un mois
    prévue pour ces contrats est trop courte pour dispenser les formations
    nécessaires.

    M.T.

  • Accord sur la sécurisation de l’emploi : un dynamitage du droit du travail !

    Le nouvel accord sur l’emploi trouvé le 11 janvier 2013, fait pencher la balance du côté de la flexibilité. La sécurisation des parcours pour les travailleurs en prend un sacré coup.

    Ce texte sera signé par l’ensemble des organisations patronales et par 3 des 5 syndicats représentatifs : la CFDT, la CGE-CGC et la CFTC. La CGT et FO ne signeront pas.

    Pour Agnès Le Bot (CGT) : "Nous avons un accord national interprofessionnel qui est proprement inacceptable. C’est plus de flexibilité, plus de précarité et plus de liberté de licencier pour les employeurs. On est à l’opposé de l’objectif initial de cette négociation, qui s’intitulait ’sécurisation de l’emploi’. » « Pour la CGT, la partie n’est pas finie (...) Il est hors de question pour la CGT de ne pas agir, de ne pas informer les salariés, de ne pas les mobiliser."

    Voici les principaux points, qui pour s’appliquer, devront être traduits dans la loi.

    Sécurisation des salariés et chômeurs

    - surcotisation chômage (patronale) sur les CDD de "surcroît d’activité" de moins d’un mois (3 pts), de 1 à 3 mois (1,5 pt) et sur les très nombreux CDD dits d’usage, dérogatoires (0,5 pt). En échange, exonération de 3 à 4 mois (selon la taille de l’entreprise) pour l’embauche d’une personne de moins de 26 ans en CDI, et CDI pour les intérimaires à définir par la branche. Juillet 2013.
    - accès généralisé à une complémentaire santé collective (financée pour moitié par l’employeur) avec un panier "minimum" : 100% de la base Sécu pour une consultation, 125% pour les prothèses dentaires et forfait optique de 100 euros par an. Avant le 1er janvier 2016.
    - "droits rechargeables à l’assurance-chômage" pour que les chômeurs conservent une partie de leurs reliquats. Horizon : renégociation en 2013 de la convention Unédic. Maintien des droits santé et prévoyance pendant 12 mois pour les chômeurs (d’ici 1 à 2 ans).
    - "mobilité volontaire sécurisée" : avec accord de l’employeur, les salariés (des entreprises de plus de 300 personnes, avec 2 ans d’ancienneté) peuvent "découvrir un emploi dans une autre entreprise", avec l’assurance du retour.
    - "compte personnel de formation", transférable, alimenté à raison de 20h/an dans la limite de 120h. Utilisable par les chômeurs. Horizon : 6 mois.
    - voix délibérative pour 1 à 2 salariés dans les organes de décision des grands groupes (5.000 salariés en France ou 10.000 dans le monde).
    - accès des représentants de salariés à une "base de données unique" (investissements, rémunérations, flux financiers, sous-traitance, etc.) pour "anticiper", grâce à un "dialogue renforcé", les évolutions. Horizon 1 an.

    Flexibilité pour les entreprises

    - accords "de maintien dans l’emploi" : en contrepartie de l’engagement de ne pas licencier, une entreprise en difficulté peut conclure un accord majoritaire pour "ajuster" temps de travail et rémunérations, sans passer par un plan social si elle licencie au moins 10 salariés refusant ces changements. Durée : 2 ans maximum. Quand l’entreprise va mieux, elle doit "partager le bénéfice économique" de l’accord avec les salariés.
    - des plans sociaux facilités, "fixés" (procédure et contenu) soit par accord majoritaire avec les syndicats, soit par une homologation administrative dans les 21 jours, avec des délais de contestation maximum préétablis.
    - temps partiels : minimum de 24h par semaine, sauf cas particuliers, lissage possible sur l’année. Majoration au-delà de la 1ère heure (10% ou 25% selon cas). Encore plus de facilités pour l’employeur de "moduler le temps de travail".
    - restructurations facilitées : mobilité interne obligée (à salaire ou classification maintenus) si un accord d’entreprise l’organise (conditions d’éloignement, etc.). Licenciement pour "motif personnel" en cas de refus.
    - pour les licenciements individuels : en cas d’accord en conciliation aux Prud’hommes, "indemnité forfaitaire" à l’ancienneté (plafonnée à 14 mois de salaire pour 25 ans). Si pas de conciliation, le juge reste souverain.
    - prescription des contestations de licenciement après 2 ans (3 ans pour les litiges sur les salaires).
    - pour les entreprises de moins de 50 salariés : expérimentation du recours direct au CDI intermittent, alternant périodes travaillées ou non, dans trois secteurs.
    - l’entreprise peut "privilégier", dans "l’ordre des licenciements" économiques, la "compétence professionnelle".
    - Fermeture de sites rentables : le texte énonce qu’"il convient d’envisager la recherche de repreneurs dès l’annonce du projet de fermeture" d’un site, pas d’obligation.

    L’Humanité décrypte point par point le projet et publie le texte de l’accord