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Louis Gallois : « La solidarité est un investissement »



Recueilli par Nathalie BIRCHEM
Publié par : http://www.la-croix.com/
Le : 10/01/2017

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ENTRETIEN Le président de la Fédération des acteurs de la solidarité
détaille les propositions que ce réseau soumet, mardi 10 janvier, aux
candidats à l’élection présidentielle.


Mercredi 12 et jeudi 13 janvier, la Fédération des acteurs de la
solidarité tient son congrès à Dijon sur le thème « Investir dans la
solidarité ». Et dès mardi 10 janvier, ce réseau qui rassemble 870
associations, présente la plateforme de propositions qu’elle entend
soumettre aux représentants des candidats à l’élection présidentielle.


La Croix : La Fédération des acteurs de la solidarité a intitulé son
congrès « Investir dans la solidarité ». Quel est le message que vous
souhaitez faire passer ?

Louis Gallois : Notre plate-forme de propositions est d’abord destinée à
définir notre ligne de conduite pour les cinq prochaines années. Mais en
cette période d’élection présidentielle, c’est aussi l’occasion
d’interpeller les candidats et de les faire réagir.

Nous partons d’un constat simple : la pauvreté s’intensifie. Les pauvres
le sont de plus en plus nombreux, et il est de plus en plus difficile de
sortir de la grande pauvreté. La menace touche 2,5 millions de personnes
concernées par le chômage de longue durée, porte d’accès à l’exclusion.

Nous souhaitons rappeler que la solidarité n’est pas un coût mais un
investissement, dont tout le monde bénéficie. Un pays solidaire c’est un
pays qui résiste mieux aux crises, qui est plus confiant et qui est
démocratiquement plus résistant.


Vous défendez une plate-forme de 50 propositions. Quelles sont celles
qui vous semblent les plus importantes ?

L.G. : Nous avons réfléchi à une plate-forme d’une cinquantaine de
propositions, regroupées autour de quatre axes : investir dans l’enfance
et la jeunesse ; investir dans la prévention ; investir dans la
citoyenneté ; investir dans des territoires plus solidaires.

Parmi ces propositions, 25 nous semblent prioritaires. Par exemple, nous
défendons non pas un revenu universel mais un revenu minimum décent.
Dans la suite du rapport Sirugue, nous proposons l’unification des
minima sociaux autour d’un revenu minimum de 850 €, accessible dès 18 ans.

Concrètement, cela veut dire que si vous gagnez 500 €, vous avez le
droit à 350 €. Mais, si vous avez 900 €, vous n’avez pas droit à ce
revenu et la prime d’activité prend le relais. Ce qui explique que,
alors que le revenu universel coûterait 400 milliards d’euros, notre
revenu minimum décent se limiterait à une dépense supplémentaire de 30
milliards. Nous pensons qu’un pays comme la France doit et peut se fixer
cet objectif.

Parmi nos autres propositions phare, la création de places en crèche et
le développement de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans.
Alors qu’ on sait que ce type d’accueil permet à l’enfant de mieux se
préparer au cycle scolaire, actuellement il bénéficie surtout aux
familles favorisées.

Nous voulons ensuite augmenter de 350 000 à 500 000 le nombre de
contrats aidés en ciblant les territoires les plus touchés par le
chômage. Nous proposons que soit créé, via le compte personnel
d’activité, un vrai droit à l’éducation et à la formation, pour que ceux
qui sortent de l’école sans diplôme aient une seconde chance.

Nous plaidons aussi pour la généralisation de l’encadrement des loyers à
toutes les agglomérations tendues et l’obligation, pour toute opération
de construction, de comporter au moins un logement très social sur trois.
Enfin, pour les migrants, nous pensons que les gens qui sont en France
depuis au moins deux ans devraient se voir accorder un titre de séjour
leur permettant d’accéder à l’emploi et au logement.


Vous avez aussi voulu mettre en valeur une série d’initiatives exemplaires…

L.G. : Nous souhaitons montrer qu’investir dans la solidarité, ce n’est
pas insurmontable, et que, sur le terrain, beaucoup le font déjà. Je
citerai trois exemples. À Nantes, il y a une association qui s’appelle
le102 Gambetta qui a développé un centre de multi-accueil pour enfants
qui bénéficie à ceux qui en ont le plus besoin puisqu’il reçoit 50 %
d’enfants issues de familles en situation de précarité.

Dans le domaine de la formation, les écoles de production, comme celle
de Dole, permettent à des personnes, souvent de jeunes décrocheurs, de
recevoir une formation concrète.

Je pourrai citer aussi l’idée d’Arelia à Nancy, qui a créé un logiciel
qui permet aux travailleurs sociaux un accès simplifié aux démarches
administratives. Cela répond à un vrai besoin car de plus en plus de
démarches passent par Internet, et beaucoup de gens ne savent pas les
faire. Du coup, ce sont les travailleurs sociaux qui s’en chargent et
ils sont de plus en plus submergés par ces tâches au détriment de leurs
missions de base.

Recueilli par Nathalie BIRCHEM

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