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    Editoriaux / Culture / Aujourd'hui

    Cannes, épicentre des extrêmes

    Soirées VIP, acteurs bankables, entertainment tout puissant, obscénité de l'argent coulant à flot : à Cannes, semble-t-il, seul le tapis est rouge.
    Le cinéma est une industrie du divertissement et de l'imaginaire. Le long glissement vers une domination sans faille des producteurs sur les réalisateurs se conforte chaque année. Cette emprise a un impact certain sur les contenus, sur le dénouement des histoires et les thèmes des productions. Cet empire est politique dans sa fondation même. L'imaginaire est l'espace par essence de la lutte des classes. Les films catastrophes, guerriers ou de science fiction suscitent un sentiment d'instabilité permanente, un désir d'ordre et de sécurité. Le récit de la vie des stars cloue l'émancipation sur le mur des "génies" purs et de vies intimes à convoiter...

    La France a cette curieuse exception d'être au cœur de cet empire sans être jamais sous sa totale emprise. La fondation du festival de Cannes doit beaucoup à la CGT et au PCF. Le CNC, l'intermittence et les multiples mécanismes de solidarité maintiennent une production indépendante et puissante. Sa diffusion, qui profite de la caisse de résonance du festival, est ample et structurée. Les films français, ou co-produits par des fonds français, sont souvent un antidote sensible à la machine hollywoodienne. Les réalisateurs de ce cinéma indépendant ne limitent pas leur champ de création et, chaque année, ils sont nombreux à investir des sujets sociaux ou politiques. À Cannes, il y a la terre entière, le récit de notre monde qui tombe et des mots qui aident à vivre debout.

    Le cinéma et tous les arts vivants sont comme les conteurs de notre mondialité. Ils nous aident à donner sens à cette complexité sans fin, de l'intime et du commun. Cannes pourrait redevenir cet espace de dialogue poélitique mondial si strass et paillettes, argent et médiocrité cessaient de dominer les flux médiatiques. Redonnons la parole aux créateurs, provoquons des rencontres entre artistes, militants, intellectuels... L'art est un fait social. L'imaginaire a sa place dans la construction du réel.

    Au cœur de ces enjeux, qu'apportent les déclarations de Manuel Valls ? S'il est effectivement grand temps de ré-augmenter le budget de la culture, où sont les priorités politiques : développement des marchés ou émancipation humaine ? Alors que partout en France, festivals et théâtres paient le prix fort des baisses de dotation aux collectivités, qui croira qu'une campagne de communication cannoise suffit à inverser la courbe de cette disparition lente d'une exception culturelle enviée dans le monde entier ?

    http://www.cerisesenligne.fr/

  • Choisissons la voie du rassemblement citoyen et de l'alternative à gauche !

     
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    Aux élections départementales de mars dernier, dans tout le pays, quand des listes d’union entre le Front de Gauche et EELV, ouvertes à d'autres et surtout aux citoyen-ne-s, ont été constituées, elles ont créé un début de dynamique. Cette union a montré qu’elle répondait à une attente citoyenne, ancrée à gauche, mais en rupture avec la politique conduite par le PS au gouvernement, qui tourne le dos aux exigences sociales et environnementales.

    Chaque jour qui passe confirme en effet que ce gouvernement n’a de gauche que le nom. L’austérité à perpétuité. La croissance… du chômage et des inégalités. La loi Macron qui détricote le code du travail. Les sénateurs PS qui en votent une version encore plus droitière. La libéralisation de l’économie pour le plus grand profit des banques et des multinationales. La loi sur le renseignement qui organise une surveillance de masse liberticide. La poursuite insensée des grands projets inutiles et de la construction de nouvelles centrales nucléaires malgré les risques encourus. Le consentement à l’étranglement de la Grèce par l’Union Européenne et à l’édification d’une Europe forteresse qui transforme la Méditerranée en cimetière de migrant-e-s.

    Chaque élection démontre que cette politique fait le lit du Front National et d’une droite qui lui dispute la première place dans la surenchère raciste et sécuritaire. En PACA, le danger est évidemment encore plus pressant. Et c’est aussi pour cela que cette politique doit être résolument combattue. Dans les luttes au quotidien et dans les élections.

    La région PACA ne doit pas se retrouver sous la coupe de l'extrême droite ou de la droite extrême. Il n'y a pas de fatalité ! La gauche et l'écologie, les mobilisations citoyennes, les aspirations à produire, à consommer et à vivre autrement existent aussi dans notre région, comme l'ont montré les Fralib.

    Dans ces conditions, le Front de Gauche et Europe Ecologie Les Verts, comme aussi Nouvelle Donne et le NPA, ont la responsabilité de choisir la voie de l’union, de l'élargir à d'autres forces politiques qui le souhaiteraient et de proposer ensemble aux citoyen-ne-s de construire avec eux/elles une alternative de gauche, sociale, écologique et démocratique opposée à la politique du gouvernement, fondée sur une nouvelle pratique citoyenne, et capable en conséquence de barrer la route à la droite extrême et au FN.

    Le mouvement « Ensemble ! », partie prenante du Front de Gauche, ne ménagera aucun effort pour que cette union se concrétise aux prochaines élections régionales.

     Le 18 mai 2015.

  • 89% des français estiment que l’hôpital public est en danger

    La Fédération Hospitalière de France (FHF) publie pour la deuxième année consécutive son Observatoire de l’égalité d’accès aux soins.

    84% des Français ont aujourd’hui une bonne image de l’hôpital public français.

    - 84% jugent l’hôpital public efficace,
    - 80% à la pointe des nouvelles technologies,
    - 72% estiment qu’il sait s’adapter au monde d’aujourd’hui.

    Pour autant, 89% estiment que l’hôpital public est en danger.

    - Les principales menaces qui pèsent sur lui : manque de personnel (70%) et exigences de rentabilités économiques (58%).

    Malgré la crise, le système de soins doit être préservé :

    - 1 Français sur 2 (49%) estime qu’on ne peut plus faire des économies importantes pour réformer le système de santé sans mettre en danger la qualité des soins apportés aux patients.

    Dès lors des pistes de réformes sont envisagées par les Français :

    - Réforme territoriale : 71% sont favorables à une répartition équitable des médecins sur le territoire quitte à leur imposer un lieu d’exercice.

    - Réforme des urgences : 1 Français sur 2 (56%) juge souhaitable et indispensable d’inciter les patients à consulter d’abord un médecin généraliste avant d’aller aux urgences en cas de léger problème de santé.

    - Réforme de l’hospitalisation : Hospitaliser les patients à leur domicile chaque fois que cela est possible ou opérer les patients et les faire sortir le jour même chaque fois que cela est possible est indispensable pour environ 8 Français sur 10, et souhaitable pour la moitié d’entre eux.

    Un sanctuaire demeure : le niveau de remboursement des frais de santé : les trois quarts des Français jugent ni souhaitable ni indispensable de diminuer les remboursements de la sécurité sociale ou d’augmenter le niveau des cotisations aux mutuelles.

    - Les résultats Observatoire FHF/IPSOS sur l’égalité d’accès aux soins