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"La candidate du Npa,son foulard et ce que Besancenot en dit"

A lire et à débattre, cet article de Dounia Bouzar dans Libération (09/02) :

Extrait :

Les femmes voilées, n’en déplaise à certains, ne sont pas des «copier coller». Il y a autant de personnalités différentes que de couleurs de foulards. Certaines sont victimes de pressions, d’autres sont enfermées dans des traditions, mais d’autres encore se sont réappropriées la lecture de leur islam pour arracher aux hommes le monopole de leurs interprétations machistes. Pour ces dernières, le foulard leur permet parfois de se ressourcer symboliquement afin d’imposer leur redéfinition : on peut être à la fois musulmane et moderne. Là aussi, laissons cette candidate se définir librement sans penser à sa place. Ce serait peu démocratique et pas féministe du tout de l’enfermer dans une définition de femme soumise contre laquelle, justement, elle lutte. Et écoutons les valeurs qu’elle défend.

Ilham Moussaïd serait-elle donc candidate comme une autre ? On aurait pu y croire si Besancenot ne l’avait pas présentée comme «la candidate des quartiers»… Une élue, quelles que soient ses convictions personnelles, représente l’ensemble du peuple. Pourquoi Ilham serait-elle réduite au «symbole» des banlieues ? Elle ne devrait pas être choisie pour faire plaisir à «une communauté», mais parce que c’est «la meilleure» pour défendre les idées de son parti dans l’intérêt commun. Tel est le pari : qu’avec ou sans signe religieux, qu’avec ou sans croyances, Pierre, Paul, David et Ilham puissent faire «l’unité politique» dans le respect de la Constitution et de ses valeurs. Présenter Ihlam comme la candidate des quartiers ne permet pas ce positionnement universaliste. Au lieu de transcender sa référence à l’islam, le type de déclaration ramène la candidate à un seul critère d’identification. L’islam devient une caractéristique qui définit une catégorie de personnes : les quartiers. Cela peut même amener certains électeurs à voter NPA non pas sur la base de leur programme mais sur un sentiment religieux. Et dans ce cas, la présentation de cette candidate voilée, au lieu de normaliser l’islam dans le paysage français, va encore renforcer les processus de catégorisations des individus et «d’islamisation des diagnostics sociaux»…

Bernard

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