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  • Communiqué commun Intersyndicale du 8 février


    Les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC, CGT, FSU, Solidaires, UNSA se sont réunies le lundi 8 février 2010.
    Elles constatent que la situation économique et sociale reste très dégradée et très préoccupante pour les salariés, les retraités, les chômeurs et les jeunes qui subissent encore durement les conséquences d’une crise qui s’installe dans la durée.
    La situation de l’emploi s’aggrave : plus de 4 millions d’inscrits à Pôle Emploi, 1 million de chômeurs en fins de droit sont annoncés pour 2010.
    Le secteur privé continue de subir des plans de suppressions d’emplois. Le gouvernement, au nom de la révision générale des politiques publiques, supprime des emplois au détriment des missions des services publics. La vie au travail se détériore pour les salariés du privé comme du public. Les travailleurs sans-papiers sont dans une situation de non-droit intolérable.
    La protection sociale accuse un manque crucial de moyens. Cette situation sociale tendue, faite parfois de violence aux salariés, exige une réorientation des politiques publiques pour réduire les inégalités et renforcer les dispositifs solidaires. Elle nécessite que le patronat assume ses responsabilités sociales et change d’attitude.
    Lors du sommet social le 15 février, les organisations syndicales exprimeront leurs exigences d’ouverture de vraies négociations sur ces sujets et d’un véritable dialogue social.
    Elles réaffirment, comme elles l’ont déjà fait en 2009, que la sortie de crise passe par des mesures en faveur de l’emploi, des salaires et pensions, une fiscalité plus juste, des politiques publiques en faveur d’une relance économique respectueuse des impératifs écologiques.
    Concernant les retraites, elles exprimeront leur volonté que toutes les conditions soient créées pour un vrai débat. Nous sommes bien face à un choix de société. C’est notamment la question des solidarités intergénérationnelles qui est posée. Les organisations syndicales n’accepteront pas une mascarade de concertation. Elles ne se laisseront enfermer ni dans un calendrier ni dans un débat qui ne prendraient pas en compte l’ensemble des questions, notamment le niveau des pensions, l’emploi, le financement, la pénibilité.
    Cette situation économique et sociale nécessite l’intervention convergente des salariés du public comme du privé, des retraités, des privés d’emplois, pour porter avec force leurs attentes et défendre leurs intérêts communs.
    Les organisations syndicales conviennent de se revoir le 15 février pour analyser le contenu du sommet social et envisager les perspectives d’action et de mobilisation dès le mois de mars 2010.
    Elles souhaitent parvenir à des constructions unitaires les plus larges possibles pour obtenir des résultats redonnant confiance et espoir au monde du travail.

    Le 8 février 2010

  • "La candidate du Npa,son foulard et ce que Besancenot en dit"

    A lire et à débattre, cet article de Dounia Bouzar dans Libération (09/02) :

    Extrait :

    Les femmes voilées, n’en déplaise à certains, ne sont pas des «copier coller». Il y a autant de personnalités différentes que de couleurs de foulards. Certaines sont victimes de pressions, d’autres sont enfermées dans des traditions, mais d’autres encore se sont réappropriées la lecture de leur islam pour arracher aux hommes le monopole de leurs interprétations machistes. Pour ces dernières, le foulard leur permet parfois de se ressourcer symboliquement afin d’imposer leur redéfinition : on peut être à la fois musulmane et moderne. Là aussi, laissons cette candidate se définir librement sans penser à sa place. Ce serait peu démocratique et pas féministe du tout de l’enfermer dans une définition de femme soumise contre laquelle, justement, elle lutte. Et écoutons les valeurs qu’elle défend.

    Ilham Moussaïd serait-elle donc candidate comme une autre ? On aurait pu y croire si Besancenot ne l’avait pas présentée comme «la candidate des quartiers»… Une élue, quelles que soient ses convictions personnelles, représente l’ensemble du peuple. Pourquoi Ilham serait-elle réduite au «symbole» des banlieues ? Elle ne devrait pas être choisie pour faire plaisir à «une communauté», mais parce que c’est «la meilleure» pour défendre les idées de son parti dans l’intérêt commun. Tel est le pari : qu’avec ou sans signe religieux, qu’avec ou sans croyances, Pierre, Paul, David et Ilham puissent faire «l’unité politique» dans le respect de la Constitution et de ses valeurs. Présenter Ihlam comme la candidate des quartiers ne permet pas ce positionnement universaliste. Au lieu de transcender sa référence à l’islam, le type de déclaration ramène la candidate à un seul critère d’identification. L’islam devient une caractéristique qui définit une catégorie de personnes : les quartiers. Cela peut même amener certains électeurs à voter NPA non pas sur la base de leur programme mais sur un sentiment religieux. Et dans ce cas, la présentation de cette candidate voilée, au lieu de normaliser l’islam dans le paysage français, va encore renforcer les processus de catégorisations des individus et «d’islamisation des diagnostics sociaux»…

    Bernard