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  • Prix Nobel de la Paix : une attribution ambivalente et dénaturée

    logo.jpgPour la première fois de son histoire, le Prix Nobel de la Paix a été attribué à un groupe d’Etats au travers de l’Union européenne pour « le résultat le plus important de l’UE : la lutte réussie pour la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’Homme ».

    Si on peut se féliciter que la Paix soit reconnue comme une culture commune résultat d’une construction politique, on peut s’interroger sur le rôle contemporain de l’Union européenne dans cette voie.

    Depuis sa création, le Mouvement de la Paix contribue à la récusation de la violence inter-étatique et à la promotion de la coopération sur la base du droit international. Aussi, nous nous félicitons que les aspects positifs de ce processus soient mis en valeur aujourd’hui. En réalité, c’est le refus de la guerre et la très forte aspiration des peuples à la paix qui a permis qu’une Union politique voit le jour dans une partie de l’Europe.

    Force est de constater qu’en 2012, l’action et les actes réels de l’Union européenne ne vont plus dans ce sens. Que fait l’Union européenne pour la paix, en Europe et dans le monde ? L’Union européenne aujourd’hui contribue à imposer des politiques d’austérité qui portent les germes de nouveaux conflits.

    Ainsi, il n’est pas possible de passer sous silence, la participation de nombreux pays de l’UE à l’OTAN malgré son illégalité, l’inadmissible possession et modernisation d’armes atomiques par la France, la Grande-Bretagne et quatre autres pays abritant des armes nucléaires américaines, ainsi que la scandaleuse part des richesses européennes englouties dans les dépenses militaires. N’oublions pas les attitudes et les politiques d’exclusions sociales, migratoires, …, qui émergent dans les sociétés européennes, ni le manque d’actes et d’engagements concrets de l’UE dans le cadre du plan d’actions pour la culture de la paix malgré les engagements pris à l’ONU.

    Ce prix a maintenant été décerné. Le Mouvement de la Paix souhaite que ce prix Nobel soit l’occasion pour l’Union Européenne de se donner de véritables objectifs valorisant l’éducation à la paix, en faisant don du montant de ce prix à des associations qui œuvrent à la promotion de la Culture de la Paix. Cela permettrait à la population européenne de développer ses projets universels d’actions pour la paix, afin que l’Union politique inédite construite devienne un espoir face aux crises que traverse l’humanité. Ce serait une belle manière de redonner aux peuples d’Europe ce prix Nobel qui de fait leur revient.

    Saint-Ouen le 13 octobre 2012


  • Déclaration de Manolis Glezos* à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de la Paix à l’Union Européenne

    Donc, le Nobel de la Paix à l’Europe Unie! Exactement au moment où est menacée la cohésion sociale  de tout le Sud Européen, où les enfants vont  à leurs écoles affamés, où les citoyens vivent sous une guerre économique non déclarée, où guette la catastrophe humanitaire !

    En Grèce, ce petit mais pas insignifiant coin de l’Europe, seulement quelques jours plus tôt, des fonctionnaires européens de bas rang ont osé demander l’impensable : l’évacuation des iles grecques ayant moins de 150 habitants afin de faire…des économies !

    Que la jubilante pour le Nobel Europe Unie pense seulement qu’une de plus petites iles de la Mer Egée, Keros des Cyclades, a fait cadeau à l’humanité la plupart des œuvres d’art qui représentent la civilisation cycladique. Qu’ils pensent aussi à la sacralité d’une autre petite ile, Délos.

    Et après qu’ils aient fait tout ca, qu’ils aillent alors prendre leur prix, s’ils croient encore qu’ils ont fait tout leur possible et tout ce qu’il fallait faire pour notre peuple.

     Athènes, 12 Octobre 2012

     *Manolis Glezos, 90 ans, est le symbole vivant de la résistance contre l’occupation nazie. Le 30 mai 1941, il fut l’un des deux jeunes hommes qui avaient dérobé l’immense drapeau nazi flottant sur l’Acropole. Condamné à mort à plusieurs reprises durant et après la guerre civile,, M. Glezos a passé au total plus de 11 ans en prison. Aujourd’hui, il est député de SYRIZA (Coalition de la Gauche Radicale).