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29.09.2007

Pour le terre et l'humanité il y a urgence

Appel à des « Grenelle de l’environnement alternatifs et citoyens »

Fin octobre aura lieu le « Grenelle de l’environnement ». Le président de la République dit vouloir mettre en œuvre une réelle politique de l’environnement. Mais il ne veut pas remettre en cause les mécanismes et orientations industrielles et économiques qui détruisent l’environnement et les liens sociaux, qui excluent les citoyens des prises de décision les plus importantes pour leur présent et leur avenir. L’explosion du transport routier pendant que l’on ferme les gares et que le fret ferroviaire s’amenuise chaque jour en est une illustration parmi d’autres. Le réchauffement climatique ne peut pourtant plus être sous-estimé, et les responsabilités du transport routier sont reconnues par tous. De même, les conséquences désastreuses de la culture des OGM en plein champ, le développement des agrocarburants et des pesticides, le gaspillage de l’eau, tout ce qui fait le quotidien de l’agriculture intensive, sont autant de facteurs de pollution dans les campagnes. A l’échelle planétaire, la raréfaction des ressources naturelles, dont l’eau, et la disparition de milliers d’espèces vivantes sont déjà des catastrophes bien présentes. Les incinérateurs ou l’utilisation de l’amiante pendant des décennies sont toujours les causes de nombreuses maladies. Quant aux tentatives de relance de l’industrie nucléaire, en France avec le réacteur EPR et dans toutes les régions du monde, y compris les moins stables, elles se sont faites sans débat malgré de gros risques encourus. Autant de questions, parmi d’autres, qui doivent être prises à bras le corps pour déboucher sur une modification en profondeur de ces politiques agricoles, industrielles, énergétiques ou de transports qui nous mènent droit à la catastrophe

La mobilisation citoyenne est aujourd’hui nécessaire pour que cette échéance ne se réduise pas à une simple opération de communication gouvernementale et à des mesurettes totalement inadaptées à l’urgence de la situation. C’est pourquoi les organisations soussignées appellent à organiser dans toute la France des « Grenelles alternatifs et citoyens » ou toutes autres initiatives, afin que chacun se saisissent de ces questions et exigent des décisions concrètes, immédiates et courageuses.

En effet quel sens aurait un « Grenelle de l’environnement » qui ne déboucherait pas -il aurait d’ailleurs dû commencer par là- sur l’instauration de moratoires sur des sujets parmi les plus sensibles, moratoires qui permettraient de poser les bases de véritables débats publics et d’élaborer collectivement des alternatives aux politiques qui détruisent la planète ? Une exigence, pour les organisations de défense de l’environnement, est que soient instaurés des moratoires fermes pour des durées significatives sur le nucléaire, la culture d’OGM en plein champ, la construction d’autoroutes et d’incinérateurs.

À l’occasion du Grenelle, et à l’appel des organisations écologistes, altermondialistes, syndicales, les citoyennes et citoyens doivent s’emparer des grandes questions écologiques afin de co-élaborer des alternatives au type actuel de développement. Et ce en tout indépendance vis-à-vis du gouvernement.

Nous appelons donc tous et toutes à se rassembler et à agir dans tout le pays pendant le mois d’octobre : manifestations, actions spectaculaires, festivals, forums… pour faire entendre la voix de l’urgence environnementale, sociale et démocratique.

Parmi les premiers signataires (au 28.09.07) :

Amis de la Terre Alter Ekolo ATTAC Collectif Eau de Paris Eau-Secours 31 Coordination des Comités unitaires pour une Alternative au Libéralisme Fondation Sciences Citoyennes Réseau Sortir du Nucléaire Zone d’Ecologie Populaire Collectif anti-OGM d’Île-de-France CDETIM-IPAM-AITECH CADTM Convergences Services Publics FSU UNEF Sud-Rail Solidaires Action Consommation La Confédération Paysanne

150 manifestants à Gap

150 personnes ont manifesté cet aprés midi à GAP esplanade de l'hopital pour s'opposer aux franchises médicales.
Cette première manifestation depuis l'élection de Sarkozy en annonce d'autres et notamment le 18 octobre à l'appel de l'intersyndicale à EDF-GDF et à la SNCF.
Il est plus que jamais nécessaire que l'action coordonnée et unitaire de toutes celles et ceux qui rejetent la politique ultralibérale du gouvernement s'organise d'urgence et s'amplifie.

28.09.2007

Loi sur les heures supplémentaires

UN CHOC EN TROMPE- L'OEIL !

LIRE ICI LA NOTE REDIGEE PAR UN GROUPE DE CHERCHEURS ET DE MILITANTS.

27.09.2007

Où va l'école ?

L’école est au centre de nombreuses interrogations. L’avenir de nos enfants et celui du pays s’y jouent en grande partie. Le gouvernement se propose de supprimer des postes d’enseignants. L’école primaire vient de faire l’objet d’un rapport du Haut Conseil de l’éducation qui critique son “inertie” depuis 30 ans. Quelle est la réalité de l’école primaire ? Va-t-elle si mal ? N’y apprend-on plus à lire, à écrire et à compter ? L’avenir des enfants y est-il déjà décidé ? Venez nombreux en discuter le Jeudi 4 octobre 2007
De 20h30 à 22h30
au CMCL à
Gap
Débat avec Bernard HODOUL et Jean-Jacques ROSTAN organisé par réveillon la démocratie.

RAPPEL

- SAMEDI 29 SEPTEMBRE à 15 heures rassemblement et débat à GAP Esplanade de l'hôpital :CONTRE LES FRANCHISES MEDICALES - POUR L'ACCES AUX SOINS POUR TOUS.


- LUNDI 8 OCTOBRE à 20 heures salle DUM'ART à GAP Assemblée générale de notre association avec à l'ordre du jour:
- campagne d'adhésion à l'association,
- Elections municipales et cantonales de mars 2008,
- Comment résister à l'offensive tous azimuts de Sarkozy ?
Jean Claude Eyraud

Président de l'association "pour une alternative citoyenne à gauche"

24.09.2007

Assemblée générale du 8 octobre 07

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
Lundi 8 octobre 2007
à 20h00
Salle Dum'art à GAP


A l'ordre du jour :
 Campagne d'adhésion à l'association
 Elections municipales et cantonales de mars 2008 dans la 1ère circonscription des Hautes-Alpes.
 Comment résister à l’offensive tous azimuts de Sarkozy ?

Info de présentation de notre association

L'association "pour une alternative citoyenne à gauche" est née le 11 septembre 2007.
Pour connaître son origine, ses objectifs et adhérer CLIQUEZ ICI.(cette info est à diffuser sans modération)

Le marcheur de la paix à Gap

Bonjour,

Le Comité de soutien à Ingrid Betancourt des Alpes du Sud recevra le "marcheur de la Paix", Gustavo Moncayo, dimanche 30 septembre 2007, à Gap à 18H00. (tract joint)

Ce professeur Colombien a marché pendant plus de 900 Kms à travers la Colombie pour réclamer un accord humanitaire et a récolté 2 millions de signatures. Son fils, Pablo Emilio a 18 ans lorsqu'il est enlevé par les Farc , le 21 décembre 1997, cela fait 9 ans 1/2.

Organisé par la FICIB (Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt), le tour de France passant par les grandes villes permettra à Gustavo Moncayo de faire entendre son appel à la négociation pour un accord humanitaire.

Nous vous invitons à nous rejoindre très nombreux Esplanade de la Paix pour témoigner de notre soutien à ce père de famille. C'est très important qu'il y ait beaucoup de monde à ces rendez-vous qui sont largement couverts par la presse et peuvent contribuer (en toute modestie bien sûr) à la pression internationale auprès des 2 parties en conflit.

Merci de diffuser cet appel autour de vous.

Cordialement,

Marie Narvaez
Responsable Comité de Soutien des Alpes du Sud

Refonder une gauche de gauche !

Refonder une gauche de gauche !
Construire un nouveau parti pour le socialisme !

par Christian Picquet

Si, à gauche, la trêve estivale était intervenue dans un climat d’atonie préoccupant, la rentrée s’effectue sous le signe de la débandade. Le tableau est vite brossé : fort de sa victoire, autant que de sa conviction que l’initiative et la volonté politique se révèlent déterminantes pour faire passer un projet, Nicolas Sarkozy fait entrer le pays dans une contre-révolution libérale-conservatrice.
Plus de doute possible désormais, si cette droite « décomplexée » parvient, sur les années à venir, à faire passer ses promesses dans les faits, c’est à un basculement de la situation hexagonale que nous serons confrontés. Des conquêtes populaires arrachées de haute lutte au fil de plusieurs décennies, il ne nous restera qu’un vague souvenir. En lieu et place de la référence symbolique à l’égalité, inscrite au frontispice des bâtiments publics, émergera un nouveau modèle social, où la place de chacun dépendra de ce qu’il vaut et est capable de gagner, où l’exaltation de la réussite servira à masquer la réalité d’une système chaque jour plus impitoyable.

Double faillite

C’est à ce moment politique crucial, alors qu’une opposition déterminée eut été indispensable pour stimuler les résistances et redonner confiance au monde du travail, que le Parti socialiste a choisi… de se mettre aux abonnés absents. Certes, François Hollande et ses pairs de la rue de Solferino ne sont jamais avares de petites phrases assassines sur les comportements compulsifs du président de la République, sur le rôle occulte de Cécilia Sarkozy, ou encore sur la transformation du Premier ministre en ectoplasme politique. Mais, sur le fond, ils ne critiquent plus guère les dispositifs gouvernementaux qu’en vertu… d’une « opposition responsable et constructive ». Si « responsable et constructive » qu’ils ont été inexistants devant les mesures adoptées à la faveur de la session extraordinaire du Parlement, et qu’ils en viennent maintenant à approuver le projet de remise en cause des régimes spéciaux, dont chacun sait pourtant qu’il annonce une nouvelle attaque d’ampleur contre le droit à la retraite, réservant leurs critiques à la méthode utilisée.
Qu’ils en soient arrivés là, illustre l’ampleur de la décomposition politique, de la désintégration idéologique, de la faillite morale qui frappe la principale composante de la gauche française. À tant vouloir prouver sa conversion aux exigences du nouvel âge du capitalisme, son centre de gravité directionnelle aura fini par tourner définitivement le dos à toute visée transformatrice, à toute velléité d’incarner une alternative à la droite. La « rénovation » qui l’occupe tant aujourd’hui n’a pour finalité que d’achever la mutation du parti en un nouveau centre gauche, de rompre ses derniers liens à l’histoire du mouvement ouvrier et à la tradition à laquelle il se rattachait encore, afin de lui permettre de se tourner sans encombres vers le Modem de François Bayrou. Hollande peut bien donner encore le change, évoquer les Unions de la gauche d’antan - préparation des municipales oblige -, il exprime lui-même la tendance lourde du moment lorsque, à La Rochelle, il renonce avec fracas aux 35 heures pour faire sien le discours libéral sur la nécessité de « travailler plus ». Il ne reste alors aux Royal, Cambadélis, Valls, Rebsamen et autres Moscovici qu’à compléter, en donnant acte à Sarkozy de sa volonté de réforme, en appelant leur parti à se débarrasser de son tropisme gauchiste (sic !) et d’une déclaration de principe qui l’oriente toujours vers le changement social, ou en prônant l’acceptation sans réserves des contraintes de la mondialisation du capital.
Ce faisant, ils ne font d’ailleurs que préparer leurs futures déconvenues (mais aussi, hélas, nos propres défaites). Il n’est, pour s’en convaincre, que de voir comment Sarkozy profite de ce climat délétère pour élargir son débauchage de ceux qui, dans une opposition désintégrée, ne veulent pas renoncer… à leurs plans de carrière. En quelques moins à peine, la réponse sociale-libérale aura donc non seulement révélé sa faillite dans l’échec du 6 mai puis des élections législatives, mais elle l’aura ensuite aggravé par sa démission devant les attaques de la droite.

Oui, une force nouvelle…

Ne tournons pas autour du pot, c’est à la refondation d’une gauche de gauche qu’il convient de nous atteler. Une gauche qui refuse à la fois l'impasse de la «modernisation» sociale-libérale et celle, symétrique, d'une gauche certes radicale mais incapable de porter majoritairement une alternative sociale et démocratique. Une gauche qui, se refusant aux postures de témoignage, vise à battre le social-libéralisme et sa domination sur le mouvement ouvrier. Une gauche apte à conquérir une majorité à gauche sur une orientation de rupture antilibérale. Une gauche dont l'émergence suppose, sous des formes renouvelées, le rassemblement de toutes les énergies anticapitalistes et antilibérales au sein de la gauche.
C’est dans ce cadre que la question d’un nouveau parti se trouve posée. Ce parti, anticapitaliste, large et pluraliste, devrait s’identifier par sa contestation conséquente du projet libéral, en ce que ce dernier correspond étroitement à la réalité du capitalisme du XXI° siècle. Il inscrirait son action dans la perspective d’un socialisme rénové et démocratique, combattrait résolument les logiques d’adaptation au système. Il revendiquerait sa pleine indépendance vis-à-vis de la classe dominante, récuserait toute alliance parlementaire ou gouvernementale aux conditions du social-libéralisme, illustrerait sa vision du changement social par un ancrage sans cesse renouvelé dans les mobilisations populaires, refuserait toute subordination de sa politique aux contraintes de la participation aux institutions. Il se ferait un devoir de garantir la pluralité des opinions et courants en son sein.
Faute d’un tel horizon, les confrontations sociales resteront dépourvues du correspondant politique qui leur fait défaut depuis des lustres. Les forces qui, à gauche, n’ont pas abdiqué devant l’ordre dominant, demeureront éparpillées, au prix de leur incapacité à incarner la renaissance d’un espoir crédible. Toutes les tentatives de rassemblement seront menacées de buter sur des écueils semblables à ceux qui ont fait échouer la tentative d’aboutir à des candidatures communes pour la séquence électorale de 2007 : les logiques de concurrence, les tentations hégémoniques, les replis boutiquiers.
Bien sûr, un nouveau parti anticapitaliste ne saurait procéder de la volonté ou des décisions d’une seule organisation. Il émergera nécessairement à la faveur d'une redistribution générale des cartes au sein de la gauche, d'une redéfinition des lignes qui partagent l'ensemble du mouvement ouvrier. Il naîtra de la rencontre de courants politiques, d'acteurs du mouvement social, de jeunes porteurs de l'expérience précieuse du combat altermondialiste ou des mobilisations des dernières années, d'hommes et de femmes engagés sur le terrain contre les discriminations. Il résultera de débats de fond, de la vérification concrète des accords existants à la chaleur d'une pratique commune. Sans doute faudra-t-il, à cette fin, définir des transitions et des étapes. Un fonctionnement en front, au sein duquel se regrouperaient courants organisés autant que militants sans appartenance partidaire, et qui serait de nature à respecter l'indépendance et les identités de chacune des composantes, s'imposera ainsi probablement durant la période menant à un parti unifié.
À cet égard, si nous considérons comme positif que la direction majoritaire de la LCR appelle dorénavant à son dépassement, nous ne saurions partager la méthode consistant à refuser toute alliance ou confrontation avec des courants issus de la gauche ou de la mouvance antilibérale, pour résumer à quelques composantes «révolutionnaires» ou «guévaristes» et à des «anonymes» la démarche conduisant à la naissance d'un nouveau parti. Poursuivre dans cette voie risque d'hypothéquer l'objectif lui-même, en laissant penser que la LCR ne cherche, en l'occurrence, qu'à s'élargir.
Nous en sommes, à l'inverse, convaincus, des forces existent pour commencer à explorer la possibilité d'une construction commune. L'idée d'une nouvelle force politique à gauche se diffuse progressivement. Elle est posée, au PS, par les secteurs qui constatent à quel point il est devenu vain d'espérer redresser une social-démocratie enlisée dans ses reniements. Elle commence à être débattue au sein du PCF, le dépassement s'avérant la seule réponse efficiente à un déclin qui menace jusqu'à son existence. Chez les antilibéraux, la discussion ne manquera pas de surgir au sein des collectifs et elle a déjà fait l'objet d'un appel de l'espace «Maintenant à gauche». Elle se trouvera inévitablement au coeur des réflexions qui s'amorcent dans la mouvance sociale et associative, la résistance au sarkozysme ne pouvant se déployer pleinement hors d'éléments d'alternatrive politique et idéologique…
L'urgence commande de s'engager au plus vite dans un processus qui puisse faire converger toutes ces interrogations et leur donner un cadre d'échange commun. Au travail !

Septembre 2007
Christian Picquet

22.09.2007

Entretien de Roger Martelli à l'huma

“Une force politique neuve pour porter un projet politique neuf”
Vous analysez dans votre livre les résultats de la gauche aux élections du printemps. Quelles sont selon vous les raisons de la défaite ?

Roger Martelli. C’est toute la gauche qui a été battue. Sarkozy portait les couleurs d’une droite combative, appuyée sur un projet de société cohérent. A gauche, les électeurs n’ont retenu que deux options : celle, en apparence la plus utile, d’une gauche d’adaptation sociale-libérale et celle, minoritaire, d’une gauche de “coup de pied dans la fourmilière”. Manquait une gauche parlant à plusieurs voix pour porter ensemble un projet et une perspective à vocation majoritaire, mais bien à gauche, adossée à la thématique du changement social. A côté du recentrage socialiste, seule était crédible une dynamique de rassemblement transformateur. Nous avons eu l’éclatement. Dès lors, le piège était refermé et les carottes étaient cuites. C’est Bayrou qui a joué le rôle de “troisième homme”. Pas les “antilibéraux”. Dommage pour la gauche ; dommage pour le communisme politique. On aurait pu faire autrement…
Vous vous livrez à une critique de l’antilibéralisme.
Roger Martelli. Les antilibéraux ont été “anti” plutôt que “pro”. ils avaient un embryon de programme, mais n’ont pas porté un projet, qui donne sens au propositions et incarne l’aspiration au renouveau radical. Nous ne l’avons pas assez travaillé. Parce que les divergences étaient trop fortes ente nous ? Sur la question de l’Europe, elles ne nous avaient pas empêchés hier de dire à la fois notre refus et des propositions alternatives fortes. Aujourd’hui, face à la droite, la question du projet alternatif est fondamentale, ce qui oblige à préciser le commun et à cerner les différences. Mais ne croyons pas que nous allons d’abord formuler le projet, et seulement ensuite construire une force qui le porte. Où est l’oeuf, où est la poule ? Nous serons d’autant plus stimulés dans l’élaboration du projet commun que nous aurons amorcé ensemble une dynamique d’agrégation forte. Acceptons-nous que se ferme pour longtemps le piège d’une gauche sociale-libérale majoritaire et d’une gauche contestataire minoritaire ? Ou entamons-nous sans attendre un processus ouvrant une autre voie qui ne peut être partagée ? répondre à cette question, c’est d’abord affaire de volonté politique.
Vous vous prononcez pour la fondation d’une nouvelle force politique. Un nouveau parti ? Un cartel ?
Roger Martelli. Aucune force existante n’est en état de rassembler autour d’elle une majorité de gauche. Un cartel d’organisations n’est pas assez cohérent pour être crédible. la reconduction des formules d’hier du “rassemblement antilibéral” n’est pas à la hauteur des enjeux. Pour que s’impose dans le champ politique un projet neuf, il faut qu’apparaisse durablement une force politique neuve qui la porte. Pas une coalition mais une force unitaire, à la fois plurielle et cohérente qui, pour être efficace, doit avoir la visibilité et les attributs qui sont à ce jour ceux d’un parti. On ne dira pas d’elle qu’elle est communiste, féministe, écologiste, trotskyste, altermondialiste, etc. ; mais elle doit être un peu de tout cela pour acquérir force majoritaire. Elle devrait donc inclure une composante communiste. Je ne crois plus à l’avenir du communisme politique sous la forme d’un parti séparé, comme cela a été le cas pendant des décennies. Le communisme étouffe à ne pas entremêler son destin avec celui des autres forces critiques. Mais, en sens inverse, je ne vois pas de dynamique solide pour une force de transformation sociale sans l’apport de la tradition communiste en son sein. Je ne veux pas d’un communisme croupion, à la marge de la vie politique. Un communisme qui n’est pas politiquement utile s’étiole. Or l’expérience montre que, seul, il ne sert plus politiquement à grand-chose. Contrairement aux apparences, continuer aujourd’hui, c’est courir le risque de déssécher le patrimoine. La liquidation n’est pas toujours où l’on croit.
D’autres que vous, au Parti communiste, évoquent la nécessité d’une force nouvelle. Qu’est-ce qui vous distingue ou vous rapproche ?
Roger Martelli. Je constate que des communistes de plus en plus nombreux évoquent la force politique nouvelle. Tant mieux. C’est pour moi le signe que nous pouvons aller de l’avant. Ne perdons donc pas de temps pour discuter de ce qui me parait essentiel : si force nouvelle il doit y avoir, autour de quelle visée, de quelle ambition, de quelles forces sociales, avec qui et comment ? Et comment penser dans ce cadre, la place d’un communisme refondé ? On ne va pas plus vite que la musique. Mais le temps nous est compté.
Entretien réalisé par Oilvier Mayer

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